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Le film israélien "Lebanon" remporte le Lion d'or

- Lion d'Or : Lebanon de Samuel Maoz



- Lion d'Argent de la Mise en scène
: Women without men de Shirin Neshat



- Prix spécial du Jury : Soul kitchen de Fatih Akin




- Coupe Volpi du meilleur acteur : Colin Firth (A single man)




- Coupe Volpi de la meilleure actrice : Kseniya Rappoport (La Doppia ora)



- Prix Marcello Mastroianni du Meilleur espoir : Jasmine Trinca (Il Grande sogno)



- Osella de la meilleure contribution technique : Mr Nobody de Jaco Van Dormael



- Osella du meilleur scénario : Life during wartime de Todd Solondz



Peu de surprise à l'énoncé du Palmarès de la 66e Mostra. Ang Lee et son jury ont récompensé (presque) tous les favoris. A commencer par le Lion d'or décerné à Lebanon, film-coup de poing de l'Israélien Samuel Maoz, qui n'avait jusqu'alors réalisé que quelques courts métrages. Il dénonce ici les atrocités de la guerre (en l'occurrence celle du Liban de 1982) en plaçant le spectateur dans un tank, aux côtés de 4 jeunes soldats. Le parti pris le plus spectaculaire du réalisateur est de faire se confondre l'objectif de la caméra et le viseur du tank... Nombre de festivaliers ont été bouleversés par cette vision de la guerre, qui peut pourtant sembler moins percutante que celle qu'offrait Valse avec Bachir... un film totalement ignoré par le jury cannois l'an dernier.

Les deux acteurs distingués figuraient aussi dans la plupart des pronostics. Dans les deux cas, il s'agit d'un personnage en deuil... Le Britannique Colin Firth est un prof homo brisé par le décès de son compagnon dans A single man, le premier film du couturier Tom Ford, et la Russe Kseniya Rappoport incarne dans La Doppia Ora (de Giuseppe Capotondi, encore un premier film...) une jeune serveuse désemparée après la mort soudaine d'un homme qu'elle venait de rencontrer. Le cinéma italien est doublement récompensé via ses actrices, puisque le Prix Marcello-Mastroianni du Meilleur espoir revient à Jasmine Trinca (dans Il grande sogno). Problème : l'actrice n'est pas vraiment une révélation, puisqu'on l'avait entre autres admirée dans Le Caïman de Moretti...

Chouchous à l'applaudimètre, Soul kitchen et Life during wartime n'ont pas été oubliés. Fatih Akin, qui déplorait à notre micro que les comédies soient mal vues dans les festivals, repart avec un Prix spécial du jury, tandis que Todd Solondz décroche le Prix du scénario pour son portrait glaçant d'une famille américaine d'aujourd'hui. En revanche, on ne s'attendait pas forcément à un prix de la Mise en scène pour Women without men de Shirin Neshat, qui conte le destin de 4 femmes en quête de liberté dans l'Iran des années 50. Et on remarque que certains films très appréciés ici repartent bredouilles : Lourdes de Jessica Hausner, Lola de Brillante Mendoza et dans une moindre mesure La Route de John Hillcoat. Notons enfin l'absence du cinéma d'Extrême-Orient, mais aussi de la France : certes, Mr Nobody est une production hexagonale, mais 1) il n'obtient qu'un prix technique et 2) c'est un film en anglais réalisé par un Belge...

Julien Dokhan & Eric Kervern

PS : et voilà, c'est la fin de ce blog vénitien. Souhaitons que ces instantanés quotidiens vous aient donné un aperçu de la diversité du Festival. De notre côté, on se félicite d'avoir remporté le défi que nous nous étions lancé au début de la Mostra : ne jamais employer dans ce blog consacré à Venise les mots "vaporetto" et "lagune". Eh oui, il nous en faut peu...

 
Dernières heures sur le Lido...

Bien sûr, la compétition prend fin vendredi soir, bien sûr le festival se clôt samedi soir... Mais 48 heures avant l'annonce du palmarès, le rythme s'est ralenti ici sur le Lido : moins d'agitation, moins d'événements, moins de journalistes en salle de presse. Mais on attend encore l'arrivée de quelques stars (Jared Leto, Julianne Moore...) et la découverte des derniers films de la compétition.


Julianne Moore, à l'affiche de "A single man" de Tom Ford

Jeudi, 11h00. Sala Darsena. Feel “Gut” movie. Dans la Soul Kitchen de Fatih Akin, on y danse (beaucoup), on y mange (bien, surtout quand l’excellent Birol Unel est aux fourneaux) et on peut même y faire l’amour. Un endroit à part que son patron - à qui il arrive les pires tuiles - tente de protéger face à des investisseurs véreux. Le scénario a un petit air de déjà vu ? Sans doute... Mais on se laisse volontiers prendre par la bonne humeur de l’ensemble.


Les festivaliers, ravis par ce petit vent de fraicheur, ont d’ailleurs réservé une belle ovation au film. Et bien que Soul Kitchen soit avant tout une comédie légère moins ambitieuse que ses précédents longs-métrages, on pourrait bien en reparler samedi soir. Rappelons que Fatih Akin est une "bête" de Festival : Ours d’Or à Berlin pour Head-on et prix du scénario à Cannes pour De l’autre côté.


Fatih Akin esquisse un sirtaki avec ses acteurs
Adam Bousdoukos et Moritz Bleibtreu

Jeudi, 14h. Sala Darsena. Courez, Lola, courez. Après My son, my son, what have you done ? de Herzog, un nouveau film-surprise intègre la compétition. On joue le jeu : en allant à la projo, on ne sait pas ce qui nous attend. Le noir se fait. Le film vient des Philippines, c’est écrit au début du générique. Rumeur dans la salle : s’agirait-il déjà d’un nouveau Brillante Mendoza, alors que le réalisateur philippin vient de remporter le Prix de la Mise en scène à Cannes pour Kinatay ? Gagné. Lorsque son nom apparaît à l’écran, on entend des applaudissements. Ca s'appelle Lola.


Comme à son habitude, Mendoza attrape d’entrée le spectateur par le col et, sans lui demander son avis, l’embarque dans une virée qui ne sera pas de tout repos. Après l’exténuante plongée dans le quotidien d’un cinéma porno (Serbis) puis l’éprouvant trajet nocturne en compagnie d’ignobles gangsters (Kinatay), ce coup-ci on colle aux basques de deux mamies prenommées Lola. Le petit-fils de l’une a tué le petit-fils de l’autre. Malgré leur grand âge, toutes les deux ont donc, à l’approche du procès de l’assassin, des combats à mener, toutes les deux ont des raisons de traverser Manille sous la pluie. Plus aimable que Serbis ou Kinatay, ce film sur les vertus de l’empathie brasse des thèmes universels avec une humanité qui ne devrait pas laisser le jury indifférent.

Jeudi, 16h. Devant les casiers. Tout le monde n'est pas Stone. Un coup d'oeil sur la paperasse qui s'accumule dans notre casier. Une lettre, en espagnol, attire notre attention. Ca commence par "A Mr. Stone con carino..." On ne capte pas tout mais on comprend vite que la signataire de cette missive, Monica Roby, est très remontée contre le réalisateur américain et son documentaire sur Hugo Chavez, jugé mensonger et trop hagiographique. Ses derniers mots sont "documental de pacotilla". Pas besoin de traduction... Les débats politiques auront été vifs cette année sur le Lido entre le film de Stone, le documentaire suédois Videocracy, sur le système Berlusconi (qu'on a hélas raté...), ou les films de Michael Moore et Hana Makhmalbaf.


Couverte d'un voile vert (couleur des manifestants en Iran,
Hana Makhmalbaf répond à des journalistes)

Jeudi, 18h45. Sala Darsena. Gonflé. Projection de presse de Mr. Nobody de Jaco Van Dormael. Le réalisateur belge n’a pas lésiné sur les moyens pour ce curieux film situé quelque part entre Pile et face et Eternal Sunshine of the spotless mind. Les 30 millions d’euros du budget servent ainsi à imaginer trois destins possibles à Mr. Nobody en fonction de différents choix de vie. Trois destins qui l’emmènent vers différentes familles, différentes villes… et différentes planètes ! Autant dire que le pari du réalisateur belge était osé ! S’il pêche parfois par ambition (un scénario parfois confus), il faut admettre que le retour de Jaco Van Dormael derrière une caméra, douze ans après Le Huitième jour, ne passe pas inaperçu.


Jeudi, 23h30. Devant la maison Venice Days. Pas à la fête. De retour du resto, on tombe sur la fête Soul Kitchen. Problème : on n'a pas de carton, et à la place on se trimballe nos gros sacs. Du coup, on renonce. Bah, le lendemain, Fatih Akin et son acteur Adam Bouskoudos nous confieront que la soirée n'était franchement pas géniale. "A Venise, ils savent pas s'amuser... ", se lamentera le comédien. "En plus, la police est venue vers 2 heures du matin pour nous demander de faire moins de bruit !"

Vendredi 10h. Terrasse de l'Excelsior. Et si... Rencontre avec Linh Dan Pham et Sarah Polley, deux des compagnes de Jared Leto dans Mr Nobody. Elles ont l’une et l’autre débuté très tôt dans ce métier. "Oui, mais Indochine, c’était un peu par accident. J’ai vraiment choisi ce métier depuis 4 ans, depuis De battre mon cœur s’est arrêté", dit la première. Vous vous souvenez peut-être aussi de Sarah Polley gamine dans Les Aventures du Baron de Münchausen. Elle aussi a eu besoin de faire un break à l’adolescence. Et si elle n’avait pas poursuivi dans cette voie ? "Je serais sans doute devenue syndicaliste. Et écrivain".


Vendredi, 10h40. Jaco Van Dormael nous parle à son tour de Mister Nobody, un film sur les multiples choix de vie qui s’offrent à tout individu. "Faire des films, c’est aussi ne pas choisir : c’est imaginer toutes les vies qu’on ne peut pas vivre. Chaque film est une hypothèse de vie. Le cinéma élargit notre conscience de ce qu’est le monde réel." On vous laisse méditer là-dessus...


Vendredi, 11h. Hôtel Excelsior. Cash. A la fin des interviews sur Mr Nobody, on dit au revoir à Matthew, attaché de presse britannique. Apercevant alors une journaliste, il la réprimande gentiment : "Dis-moi, tu n'es pas venue faire l'interview de Romero hier, tu étais pourtant sur le planning..." -"C'est parce que j'ai vu le film !"

Vendredi, 13h55. Terrasse Cinecittà de l’hôtel Excelsior. Plan de dernière minute. Alors que nous nous préparons pour l’interview de Fatih Akin, l’attaché de presse nous demande (implore ? oblige ?) de faire également une interview de l’acteur principal, Adam Bouskoudos (photo ci-dessous), dont l’emploi du temps semble assez léger. On accepte volontiers d’autant que le bonhomme est bien sympathique. Il nous indique même quelques bons plans pour les soirées de Hambourg… Au cas où.



Vendredi 14h15. Terrasse Cinecittà de l’hôtel Excelsior. Interview à hauts risques. Juste avant de déjeuner, Fatih Akin (photo ci-dessous) nous accorde finalement quelques minutes. "Je ne comprends pas pourquoi les festivals de cinéma ne portent pas plus d’attention aux comédies", avoue-t-il. "Pourtant je trouve qu’elles sont bien plus difficiles à réaliser." Alors qu’il évoque justement Cannes, Berlin… BOUM ! Un des éléments du décors, un panneau en fer, tombe lourdement sur le sol à cause du vent, à quelques centimètres seulement de nous. Plus de peur que de mal heureusement. L’interview peut continuer (disponible prochainement sur AlloCiné)...



Vendredi, 15h30. Villa Foscari. Kawaï !! Rencontre avec Rintaro (Metropolis) qui vient nous présenter son nouveau long-métrage d’animation Yona Yona Penguin. Un adorable conte où une petite fille déguisée en pingouin décide de sauver un village. Alors qu’on s’était habitué à le voir évoluer dans la science-fiction, il affirme qu’il voulait tout simplement s’essayer ici au film pour les enfants... Peut-être aussi est-ce parce qu'il vieillit, avoue t-il-finalement...


Vendredi, 16h. Salle de presse. En attendant le verdict... On consulte dans Variety les deux tableaux récapitulant les goûts et dégoûts des journalistes, l'un regroupe les étoiles données par la presse internationale, l'autre se limite à la presse italienne. Les films qui remportent le plus de suffrages sont Life during wartime, Lebanon, Lourdes, Soul Kitchen et Capitalism : a love story. Les choix du jury présidé par Ang Lee correspondront-il à ceux de la critique ? Hasardons-nous à lancer des pronostics.

Pour le Lion d'or, on peut parier sur des films à portée universelle comme The Road de Hillcoat ou Lola de Mendoza. Mais ces deux oeuvres pourraient aussi être distinguées via leurs interprètes (Mortensen et l'enfant, les deux actrices du film philippin). Dans ce cas, Lebanon (photo), qui a impressionné bon nombre de festivaliers, ou le film de Todd Solondz, ont une chance de monter sur la plus haute marche du podium. Chez les acteurs, Colin Firth en homo endeuillé (Single man) a séduit, et chez les actrices, Isabelle Huppert a une nouvelle fois épaté -mais elle a déjà reçu ici un Prix spécial pour sa carrière en 2005...


Et à propos de prix honorifique, après ceux qu'ont reçu Werner Schroeter (l'an dernier à Venise) et Resnais (à Cannes cette année), le vétéran Rivette pourrait décrocher à son tour cette vraie-fausse médaille un tantinet humiliante (il compte une "alliée" dans le jury : son actrice Sandrine Bonnaire). Chouchous des festivaliers, Lourdes et Soul Kitchen manquent sans doute d'ampleur pour prétendre à la récompense suprême mais le jury leur trouvera peut-être une petite place... Les quatre films italiens n'ont pas soulevé l'enthousiasme, mais un prix pour l'actrice de La Doppia ora, dont on a entendu grand bien, pourrait sauver l'honneur. A moins que d'aimables pressions politiques, etc.


Vendredi, 17h. Salle de presse. Garçons à l’honneur. Le Queer Lion, qui récompense un film (toutes sections confondues) dans lequel il est question d’homosexualité, vient d’être décerné à A single man, premier long métrage du couturier Tom Ford, présenté justement aujorud’hui en compétition. Colin Firth (photo ci-dessus) y incarne un prof d’université désemparé suite au décès accidentel de son jeune compagnon. Au fait, Venise a (depuis 2007) son Queer Lion, Berlin a son Teddy, mais on n’a pas connaissance d’un prix similaire sur la Croisette. Cannes serait-il le moins gay friendly des grands festivals ? Et, autre question, le Président du jury Ang Lee, réalisateur de Garçon d’honneur et Brokeback mountain, sera-t-il sensible à ce Single man ?


Tom Ford

Eric & Julien

 
Venise, jour 8 : L'Abel et les bêtes de Romero

8h30. Sala Darsena. Zombies de compétition. Décidemment, les zombies / enragés / possédés de toute sorte (on ne va pas chipoter) se seront tapé une belle cloche pendant cette Mostra. Après Rec 2 (Hors Compétition) et La Horde (Venice Days), voici les morts-vivants de Survival of the dead, par le fondateur du genre, le maestro George A. Romero, sélectionnés, eux, en compétition. Un événement donc.


Seulement voilà, s’il utilise encore une fois ces braves zombies pour critiquer la société, il faut avouer que ce Survival of the dead est un opus mineur (voire faible) dans la filmographie du réalisateur. On préfèrera donc lui laisser la parole dans l’interview qu’il devrait nous accorder dans quelques heures.

Profitons-en en attendant pour revenir sur l’éclectisme de cette 66e Mostra qui mélange autant les films d’auteurs classiques que les films de genre (Survival of the dead, Tetsuo) ou encore l’animation (Yona Yona Penguin). En se baladant dans les rues, on pourrait même croire que Venise a toujours été destinée à aimer tous les genres de cinéma, y compris la science-fiction :


12h50. Salle de conférence de presse. Liberté. La réalisatrice iranienne Shirin Neshat souligne les troublantes correspondances de son film, Women without men, qui évoque les troubles politiques en Iran en 1953 à travers les destins de 4 femmes, et l'actualité la plus brûlante : "L'Iran a connu une Histoire difficile, mais nous n'allons pas abandonner le combat. Certains sont desespérés mais mon film est un appel à continuer." Les récentes manifestations sont au coeur de Green days, docu-fiction signé Hana Makhmalbaf (fille de Mohsen et soeur de Samira), qui sera présenté demain hors-compétition.


13h30. Terrasse de l’Excelsior. L'effet Ferrara. Rendez-vous avec un attaché de presse pour fixer l’horaire d’une interview. On voir passer un homme à la silhouette massive, voûté, au visage de vieux clown triste. « Isn’t that Abel Ferrara ? », demande notre interlocuteur. C’est bien lui, on a un peu de peine. S’il est venu à Venise, ça n’est évidemment pour voir le Bad lieutenant d’Herzog, mais pour présenter, hors compétition, un docu-fiction sur des femmes en prison, Napoli, Napoli, Napoli.


13h40. Nastro Azzuro club (entre le Palais et la mer). En projet ! Les interviews d’Antoine Fuqua, Wesley Snipes et Ethan Hawke (L’Elite de Brooklyn) commencent avec près d’une heure de retard. On ne s’en étonne pas vue l’heure tardive de la présentation du film la veille (la projection s’est terminée à 2H30 du matin). Pendant les interviews (prochainement sur le site), on apprend notamment que Wesley Snipes travaillera bientôt sous la direction d’Abel Ferrara (encore lui !) et qu’Ethan Hawke jouera dans une nouvelle version de Moby Dick. Même si le projet s’annonce "fun", il avoue que ça l'est quand même moins que de jouer aux côtés de Julie Delpy (en référence à Before Sunset / Before Sunrise). On est d’accord.

14h30. Salle de presse. Migration. On dit au revoir à un sympathique collègue tchèque, qui s’apprête à partir à Toronto. Chaque année, nombreux sont les journalistes qui, comme lui, abandonnent Venise en cours de route pour se rendre au Festival de cinéma nord-américain, au programme pléthorique.. Le Lido commence à se vider, dans 3 jours tout sera fini.

15h20. Hôtel Excelscior. 3 questions à George A. Romero. Le réalisateur nous offre dix minutes de son temps (retrouvez l’intégralité de l’interview prochainement sur AlloCiné).


Pourquoi persistez-vous à réaliser des films de zombies ?
(rires) C’est tout simplement mon truc. Et puis j’aime le genre, j’aime travailler avec mes collaborateurs et j’aime l’horreur depuis mon enfance où je lisais des EC Comics. Je suis arrivé à un point de ma carrière où je ne veux pas me forcer à imaginer de nouveaux concepts. Et je ne veux pas travailler pour de grands studios non plus. Et puis ma situation est assez confortable : je peux aborder les sujets que je veux, faire des critiques sociales etc. Du moment que j’y intègre des zombies on finance mes films sans problème. (…) J’ai en tête deux autres films de zombies et après ce sera fini.

Qu'avez-vous voulu dénoncer cette fois-ci ?
La guerre, les luttes de clans… j’ai commencé à y réfléchir depuis que les Etats-Unis ont envoyé des troupes en Irak et en Afghanistan. Dans le film, les personnages se retrouvent pris entre deux feux, deux clans rivaux incapables d’enterrer la hache de guerre.


Il semble que vous aimiez de plus en plus vos zombies au fur et à mesure des films...
Je toujours éprouvé de la sympathie pour eux et je voulais que ce soit le cas aussi pour le public. Ce sont les humains qui posent problème, ce sont eux, à chaque fois, qui creusent leur propre tombe.

19h30. Sala Grande. Un printemps italien. On a appris à se méfier des films italiens de la compétition vénitienne, pas forcément sélectionnés pour leurs qualités mais plutôt pour des raisons diplomatiques. Mais bon, il faut bien aller en voir au moins un. On aurait pu choisir La Doppia ora (parce que c’est un premier film), on aurait pu choisir Baaria (parce que…non, on n'aurait pas pu). Bref, on a opté pour Il grande sogno de Michele Placido.


On a toujours eu une tendresse pour cet acteur-réalisateur bougonnant, qui a remporté le jackpot avec son dernier opus, Romanzo Criminale. Placido revient ici sur sa jeunesse soixante-huitarde, avec pour alter ego à l’écran le latin lover Riccardo Scamarcio, face à Jasmine Trinca, repérée dans Le Caïman. Mais là où on espérait un témoignage personnel sur une période souvent explorée par le cinéma, on se retrouve avec un album-photo qu’on a l’impression d’avoir déjà feuilleté mille fois. Reconstitution soignée, chansons d’époque, images d’archives… Les procédés, comme le propos, restent convenus. Mauvaise pioche.

Aujourd'hui, les films de la Compétition sont projetés dans la Sala Grande du Palazzo del Cinema. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Une Sala "très" Grande est actuellement en préparation… On en parle tout de suite dans notre célèbre rubrique quotidienne :

Un jour, un lieu : Le terrain vague ! C’est sûr, ce n’est pas très accueillant à première vue, mais en 2011, c’est un nouveau bâtiment qui sera érigé à cet endroit. Un grand coquillage doré qui abritera une nouvelle salle de près de… 2100 places ! Ajoutons à cela les 1100 places de la sala Grande, les 1300 places de la Sala Darsena et les 1700 de la PalaBiennale, la Mostra de 2011 s’annonce déjà comme un bel événement... si les travaux finissent dans les temps.



22h45. Sala Perla 2. Cellules. Après Domaine, on découvre un autre premier film français prometteur, cette fois dans la section Venice Days. Dans Qu'un seul tienne et les autres suivront, La réalisatrice, issue de la Fémis, entrecroise 3 histoires (non non, ne fuyez pas), qui se concluront dans un même lieu : le parloir de Fleury-Mérogis.
 
Léa Fehner, qui n'a pas 30 ans, fait preuve d'une étonnante maîtrise côté mise en scène, d'une grande finesse côté écriture, et surtout d'une belle générosité dans le regard qu'elle porte sur ses personnages. Les 3 récits ménagent des moments forts, mais on avouera un faible pour l'histoire de cette ado amoureuse d'un petit voyou (formidables Pauline Etienne et Vincent Rottiers), et qui cherche un adulte pour l'accompagner lors des visites en prison. Certes imparfait et un chouïa trop long, Qu'un seul tienne et les autres suivront tient debout. Et on suivra Léa Fehner.

Eric & Julien
 
Bande-annonce "Survival of the dead"
Sélection officielle - En Compétition
Les zombies du maestro George A. Romero en lice pour le Lion d'Or !


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Survival of the Dead
Réalisé par George A. Romero
Avec Kathleen Munroe, Alan Van Sprang, Athena Karkanis, ...
Année de production : 2009
Bande-annonce "The Men who stare at goats"
Sélection officielle - Hors Compétition
George Clooney a-t-il des pouvoirs paranormaux ?


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Les Chèvres du Pentagone
Réalisé par Grant Heslov
Avec George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges, ...
Année de production : 2009
Venise, jour 7 : Comment GeorGe Clooney a rendu chèvre le Lido

9h00. Sala Perla. Jedi Hippies. Projection Hors Compétition de The Men who stare at goats. Les hommes qui regardaient les chèvres… Avec un titre comme ça, on se demandait bien ce qu’allait nous réserver cette comédie signée Grant Heslov, scénariste de Good Night and good luck, ami de Clooney, et réalisateur pour la première fois. Le pitch lui aussi avait de quoi intriguer : un journaliste désespéré suit en Irak un militaire censé posséder des pouvoirs paranormaux. Une histoire vraie paraît-il. Doté d’un casting quatre étoiles : Ewan McGregor, George Clooney, Jeff Bridges, Kevin Spacey… on se disait que cet étrange projet allait bien nous réserver quelques surprises.


Verdict ?! Et bien on a été servis. Clooney et ses acolytes ont su insuffler une belle âme à cette comédie franchement rafraichissante. Il suffit de découvrir Jeff Bridges en caporal hippie ou Clooney convaincu d’être un Jedi (face à Ewan Kenobi McGregor…) pour adhérer à cette petite aventure qui réserve aussi quelques jolis moments d’émotion… si si.

13h10. Dans les jardins de l’hôtel Excelsior. Débriefing geek. Rencontre avec deux gars passionnés :Yannick Dahan et Benjamin Rocher, les réalisateurs de La Horde projeté la veille. Ils nous confient d’ailleurs qu’ils n’en menaient pas large avant la séance. Yannick Dahan : "Après t’être tapé 45 films d’auteur, ça peut être un choc d’aller voir la Horde, donc c’était chaud pour nous. Mais finalement voir que tout le monde a bien réagi c’était vraiment génial."


Avant de retrouver bientôt l’interview sur AlloCiné, on vous offre ce petit fantasme du réalisateur Yannick Dahan, véritable geek accro au cinéma de genre (il anime l’émission Frisson Break sur Ciné Cinéma) : "Mon fantasme absolu c’est de réaliser une vraie grande œuvre barbare. (…) Ce qui parle à mes tripes c’est un jour d’avoir une baraque de deux mètres avec une énooorme hache ! Lui faire sortir des grosses phrases et le lancer dans une bataille furieuse contre des vikings à coup de moulinets et de décapitations !" On est bien curieux de voir ça !

13h30. Sur le stand Unifrance. Voyage au bout de la promo. C’était la dernière interview pour les deux réalisateurs français désormais libres d’errer dans la belle Venise. L’attachée de presse leur demande alors une dernière faveur : une interview demain matin à 8h30 pendant le petit-déj avec un journaliste serbe, quelques minutes seulement avant de prendre l’avion… La promotion, parfois, c’est pas facile.


Grant Heslov entouré d'Ewan McGregor et George Clooney

13h40 - Salle de conférence de presse - Happening. Un journaliste italien prend la parole pour adresser une question à Clooney. Jusque là, tout est normal : pendant une conférence de presse à laquelle participe Clooney, à peu près toutes les questions sont pour Clooney. Puis, tout en se désapant, jusqu'à finir en cravate et caleçon, il lance : "Je n'ai pas encore vu ton film, mais... Je t'ai vu, toi... et, comment dire ? Je suis gay, je crois que je t'aime. Prends-moi, George, choisis-moi ! S'il te plait, juste un baiser..." La sécurité ne tarde pas à l'évacuer, non sans avoir ôté son accréditation. Pendant ce temps, George, un rien embarrassé, fait du George : "La cravate est pas mal !"


Héros du jour, Clooney est arrivé sur le débarcadère... qui, tiens donc, se trouve être notre lieu du jour !

Un jour, un lieu : les débarcadères. A Venise, on n'a pas de montée des marches, mais on a encore plus chic : l'arrivée des stars sur les débarcadères. Chaque jour, paparazzi et badauds équipés de jumelles se postent en face de l'Hôtel Excelsior ou de l'entrée du Casino pour les guetter, les mitrailler. Il y a presque quelque chose de mythologique dans ce rituel vénitien, l'arrivée sur la terre ferme des demi-dieux que sont les stars. Ca vous a une autre allure que les yachts paresseusement amarrés du côté de la Côte (d'Azur).

 

15h40. Terrasse du Nastro Azzuro. Le fil de la conversation. Interview avec la bavarde Jane Birkin pour évoquer le magicien Rivette. Reine de la digression, elle nous parle aussi de... Parle avec elle, des lettres de son père qu'elle conserve sur son bureau, et du sort des koalas blessés.


Elle se souvient aussi du Gala de l'Union des Artistes, en 1973. "Il y avait tout le monde : Michel Simon, Belmondo qui se jetait dans le vide, Serge en clown, Claudia Cardinale découpée dans une boite..." Et Jane en funambule : "C'était un peu humiliant, on m'avait mis des oreilles et une queue de lapin, il fallait que je ramasse des carottes sur le fil de fer... et j'ai réussi !" Birkin dessine, aussi. Alors on lui demande de nous faire un petit croquis inspiré par Rivette. Elle s'exécute gentiment : "C'est Rivette sur un fil de fer".


17h. Sala Grande. Déflagrations. Projection de Lebanon, film israélien présenté en compétition. Alors qu'en France, les films israéliens arrivent en nombre sur les écrans (Zion et son frère, Une jeunesse israélienne ou l'excellent Tu n'aimeras point), le public de la Mostra a été très impressionné par ce premier long métrage sur la Guerre du Liban, signé par une réalisateur de 47 ans, Samuel Maoz.


On est littéralement "embedded", embarqué dans un tank aux côtés de 4 jeunes soldats confrontés à l'horreur de la guerre. Le réalisateur tient à secouer le spectateur, usant notamment d'un procédé osé : filmer de façon subjective, comme si la caméra était le viseur du tank... Ce film éprouvant ne possède cependant ni l'intensité de Beaufort, qui, sur un sujet voisin, se révélait plus subtil, ni l'originalité de Valse avec Bachir. Au fait, si vous voulez voir un autre film novateur sur la guerre au quotidien, ne ratez pas Démineurs de Kathryn Bigelow, qui sort enfin (le 24 septembre), un an après avoir été projeté sur le Lido.

18h45. Sur les rochers, face à la mer. Plage de travail. 36 vues du Pic Saint-Loup sort demain, il faut donc transcrire dès maintenant l'interview de Birkin. Comme on n'a pas besoin d'internet pour faire ça, on va travailler sur la plage, avant que le soleil se couche. Une expérience pas déplaisante, même s'il n'est pas évident de traduire à l'écrit la langue si particulière de Jane Birkin et ses formulations gracieusement alambiquées... L'interview est à lire ici !

19h00. Tapis rouge. Geooooooooorge. C’est la foule des grands jours devant le tapis rouge pour accueillir le réalisateur de The Men who stare at goats accompagné d’Ewan McGregor et de George Clooney. En bon gentleman, ce dernier passe près de dix minutes à signer des autographes à ses fans.


Elisabetta Canalis (mannequin et star
de la télé italienne) et George Clooney

19h15. Sala Grande. A vot' service. George Clooney a bien des talents, mais pas celui d'empêcher les incidents techniques pendant une projection à Venise (on promet un avenir de super-héros à celui qui disposerait de ce pouvoir-là). La projo officielle de The Men who stare at goats est interrompue à deux reprises. Ca fait deux occasions pour Clooney de faire son numéro : la première fois, il chante "O sole mio..." La deuxième, il sert des coupes de vin blanc à une rangée d'invités. On en connait qui devaient pas être pressés que la séance reprenne...

00h00. Sala Grande. L’Elite de Venise ? Projection (tardive) Hors Compétition de L'Elite de Brooklyn. Encore un superbe casting pour clore cette journée : Richard Gere, Don Cheadle, Ethan Hawke, Wesley Snipes... Rien que ça. Le tout sous la houlette d’Antoine Fuqua, on en salivait d’avance.


Le réalisateur de Training day nous propose ici une sombre plongée dans le quotidien de la police new-yorkaise à travers trois destins : celui d’un vétéran blasé (Gere), d'un infiltré oublié par ses supérieurs (Cheadle) et d'un brigadier des stupéfiants obliger de magouiller pour payer une nouvelle maison à sa famille (Hawke)… Autant dire que le travail de policier n’a pas l’air rose tous les jours. Surtout dans le Brooklyn de Fuqua, particulièrement noir et sans espoir. D’ailleurs, s’il y a bien quelques longueurs (le film dure 2h20), on constate surtout que le réalisateur n’a pas perdu son talent de metteur en scène, bien au contraire. On aura donc quelques questions à poser à tout ce petit monde qu'on doit rencontrer demain...


Ethan Hawke, Wesley Snipes, Shannon Kane et Antoine Fuqua

Eric et Julien

 
Bande-annonce "The informant !"
Sélection officielle - Hors Compétition
Matt Damon joue un informateur plutôt imprévisible chez Steven Soderbergh




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The Informant !
Réalisé par Steven Soderbergh
Avec Matt Damon, Scott Bakula, Joel McHale, ...
Année de production : 2009
Venise, jour 6 : La star de cinéma, le président et le clown

9h. Sala Perla. Projection tréteaux le matin. Après Chéreau puis Claire Denis, Jacques Rivette est le 3e français à entrer en piste. Et de piste il est question dans 36 vues du Pic Saint-Loup, l'intrigue ayant pour cadre un petit cirque familial en plein déclin. La petite troupe n'a pas le moral, mais Vittorio (Sergio Castellitto), un Italien séduit par les numéros, les encourage à continuer. Il tente aussi de percer le mystère qui entoure Kate (Jane Birkin), la fille du propriétaire, de retour après 15 ans d'absence.


"On fait dans le classique, on est les derniers", se vante le clown Jacques Bonnaffé. Rivette, lui aussi, reste fidèle à sa manière. Certes, le film ne dure qu'1h24 (c'est son plus court), certes le cirque remplace le théâtre, mais on retrouve avec plaisir ce cinéma d'équilibriste, même si certains jugeront le fil trop ténu. Birkin fait d'ailleurs la funambule le temps d'une jolie séquence. A 80 ans, Rivette adresse une lettre d'amour au monde du spectacle : c'est en osant remonter sur la scène que l'héroïne parvient à soigner ses blessures. Un plan de lune voilée clôt cette oeuvre grave et sereine, dépouillée mais peuplée de fantômes : Rivette ferait-il ses adieux ?

11H55. Salle de conférence de presse. Suspense. Oliver Stone vient défendre son documentaire South of the Border qui évoque le renouveau politique en Amérique Latine à travers le personnage d’Hugo Chavez. Une journaliste lui demande alors si le président vénézuélien sera présent pour la projection du film. Stone refuse de répondre... Quelques minutes plus tard des banderoles « Bienvenido Presidente » sont déployées devant le Palais. On se dit qu’il va bien se passer quelque chose.

13h15. Salle de conférence de presse. ??? Ils ont beau lui donner du "Maestro", l'énigmatique Rivette rembarre à peu près tous les journalistes qui l'interrogent : "Je ne sais pas quoi répondre", "Je suis sidéré par cette question", "Je ne peux pas répondre à une question qui, au fond, se répond déjà à elle-même". Birkin et Castellitto font ce qu'ils peuvent pour réchauffer l'atmosphère.


13h50. Salle de presse. Speedy Steven. Juste avant d'aller rencontrer Matt Damon, le héros de The Informant, on prend connaissance sur le Net du nouveau projet de l'insatiable Soderbergh, un thriller interprété par une star des arts martiaux, et qui serait (dixit le réalisateur) "un croisement entre James Bond et Nikita". Plus d'infos ici.


15h05. Terrasse du Nastro Azzuro. Matt Brillant. Interview avec le poids lourd du jour, Matt Damon, qui a dû prendre 13 kilos pour son rôle dans The Informant. Mais comme on ne dispose que de quelques minutes, on parle d'autre chose que de régime alimentaire. Puisque son CV aligne quelques génies du cinéma américain (Coppola, Scorsese, Van Sant...), on lui demande quel est son film favori de certains d'entre eux. Sachez que son Spielberg prèf' c'est Les Dents de la Mer, que pour Eastwood il répond sans hésiter Impitoyable, et pour les autres... eh bien vous verrez ça prochainement sur AlloCiné !


17h00. Tapis Rouge. Fin du suspense. Hugo Chavez apparaît sur la tapis rouge de la Mostra aux côtés d’Oliver Stone, ravi ! Après la projection du film ovationné par le public, le nom de Chavez est sur toute les lèvres ce soir, occultant presque la venue de Matt Damon.


21h15. Sala Grande. Maïs, mensonges et vidéo. Un Erin Brokovich version frappadingue. Voilà comment on est tenté de résumer The Informant, projeté aujourd'hui hors compétition. N'allez donc pas croire qu'après le quasi-expérimental Girlfriend expérience, sorti il y a quelques mois, Soderbergh revienne sur le droit chemin avec un film d'espionnage pépère. Inspiré d'une histoire incroyable mais vraie, The Informant brosse en fait avec humour le portrait d'un imposteur.


Cadre sup' pour un géant de l'agro-alimentaire, Mark Whitacre dénonce les agissements frauduleux de sa société, allant jusqu'à proposer au FBI d'être leur informateur. Mais plus le film avance, plus il apparait que Whitacre lui-même n'a ni les mains propres, ni l'esprit sain. Au début, on pense à un croisement entre Benny Hill (le look de Damon), La Croisière s'amuse (pour la musique) et Code Quantum (à cause de Scott Bakula en agent du FBI). Très vite, on suit avec délectation ce portrait d'un homme qui creuse sa propre tombe. Surtout que d'un point de vue formel, le film est tout sauf bâclé (la photo, les décors, la bande-son 70's...). Reste une question : pourquoi les plus brillants auteurs d'Hollywood (cf les Coen avec Burn after reading) sont-ils à ce point fascinés par les crétins ?

22H30. Sala Parla 2. Des zombies bien de chez nous ! Salle comble pour La Horde ! Le film de zombies français, projeté dans le cadre de « Venice days », a attiré une belle foule ce soir au Palais. Avant la projection, les deux réalisateurs, Yannick Dahan, Benjamin Rocher, ont insisté sur le souci apporté aux personnages du film. Et on peut dire que c’est réussi puisqu’ils donnent toute sa saveur à La Horde (mention spéciale à Yves Pignot en vétéran de l’Indochine plutôt fendard).


Grâce à quelques scènes « ultra-gores » ayant fait le bonheur du public italien (partagé entre rire et dégouts), La Horde se place largement au dessus de la moyenne des productions de genre françaises. Une bonne surprise qui nous fera patienter jusqu’à mercredi, jour de la projection de Survival of the Dead par le maître George A. Romero.

0h30. Juste après la projection, direction la maison Venice Days où se tient la fête du film; Eh oui, nous concluons (presque) cette journée avec notre fameuse rubrique...

Un jour, un lieu : Venice Days. C'est le nom d'une des principales sections parallèles de la Mostra de Venise (avec la Semaine de la Critique). En italien, elle s'appelle Giornate dei Autori, nom qui rappelle un peu la Quinzaine des Réalisateurs, plus ou moins son équivalent cannois.



Située sur le front de mer, à 500m du Palais (et donc non loin de l'Excelsion, si vous avez bien suivi ce blog...), la Maison Venice Days est tenue par une équipe jeune et dynamique. C'est ici, dans un jarrdin coquet, que se déroulent les interviews avec les équipes des films de la section. Y sont aussi organisés des colloques (le jour) et des fêtes (la nuit).

2h30. Sur le chemin qui mène à l'hôtel. Sérénade. On croise la ravissante Dinara Droukarova. En forme à cette heure tardive, elle fredonne : "Pour un flirt avec toi..."


 
Bande-annonce "36 vues du Pic Saint-Loup"
Sélection officielle - En Compétition
Le dernier film français de la Compétition.


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36 vues du Pic Saint-Loup
Réalisé par Jacques Rivette
Avec Jane Birkin, Sergio Castellitto, André Marcon, ...
Année de production : 2008
Venise, jour 5 : Michael Moore et Isabelle Huppert cachés derrière Woody et Buzz...

8h30. Sala Perla 2. Béatrice Dalle le matin. Projection de Domaine, un premier long métrage présenté à la Semaine de la Critique, où l'an dernier on avait découvert l'excellent L'Apprenti de Samuel Collardey. Plus âpre, Domaine conte la relation forte qui unit un ado introverti à sa tante, une femme à la dérive, trop éprise de liberté pour pouvoir être heureuse -un rôle qui va comme un gant à la grande Béatrice Dalle. Malgré quelques coquetteries, on s'attache rapidement aux deux outsiders.

9h00. Un peu partout. Vers la Mostra et au-delà ! Les héros de Pixar ont envahi le Lido !


10H30. Sala Darsena. Rébellion ! Tonnerre d’applaudissements pour le nouveau film de Michael Moore : Capitalism, A love story. En s’attaquant aux dérives du capitalisme, il faut avouer que le réalisateur de Bowling for Columbine a trouvé un parfait terrain de jeu. Au programme : tentatives d’arrestations de banquiers, comparaisons avec la mafia, face- à-face avec des traders

Malgré sa tendance habituelle à établir quelques raccourcis hâtifs, il faut reconnaître un certain courage à Michael Moore. Ce nouveau documentaire se rapproche parfois d’un véritable appel à la rébellion, ce qui est plutôt risqué aux Etats-Unis. Certains témoignages d’espoir procurant en plus une véritable émotion, on se laisse volontiers porter par la clameur d’une salle conquise.

11H. Salle de Presse. Vous ici ? Décidément on ne peut pas passer à côté de Pixar aujourd’hui. Et on en arrive à notre rubrique Un Jour, un lieu…


Un jour, un lieu : la salle de presse. Au troisième étage du Casino, la salle de presse accueille les journalistes du monde entier sous le regard des personnages de Pixar qui tentent d’égayer les lieux cette année. Et il faut bien ça car entre les luttes de territoires (chaises, prises électriques) et les bruits parasites, les nerfs des journalistes sont soumis à rude épreuve. Sans parler des inévitables problèmes de connexion. Le bon plan : avoir son propre ordinateur portable, ce qui évite d'attendre qu'un des postes mis à disposition se libère. Plus le festival avance, plus l'ambiance est bon enfant. Le soir du palmarès, il y a une sacrée ambiance.


13h40. Salle de Conférence de Presse. Vite ! Michael Moore refuse de dévoiler le sujet de son prochain film. Dommage. Il en profite tout de même pour lancer quelques piques à Silvio Berlusconi. La conférence de presse s’achève alors, elle n’aura pas duré plus de 15 minutes.


13h10. Salle de presse. Le saviez-vous ? Alors que le trublion Moore fait son show en conférence de presse, on apprend par l'AFP la mort de Sim. Un autre genre de "gueule"... Au fait, puisqu'on est en Italie, saviez-vous que le pilier des Grosses têtes avait joué chez Fellini (La Voce della Luna, 1990) ?

16h00. A quelques mètres du tapis rouge. Vers le tapis rouge et au-delà !. On croise Woody et Buzz, qui ont l’air plutôt en forme...


16h30. Tapis Rouge. La fine équipe. C'est plus qu'un buzz, c'est l’événement de la journée. John Lasseter, Andrew Stanton, Pete Docter, Brad Bird, Lee Unkrich... Toute la dream team de Pixar est réunie pour recevoir un Lion d’Or en hommage au Studio (une première dans l'histoire de la Mostra). Clou du spectacle : George Lucas lui-même foule le tapis rouge. Le créateur du studio en 1979 aura l’honneur et la charge de remettre la récompense.




17h20. Sala Grande. Lion d’Or. Après un touchant historique de Pixar raconté par Lucas lui-même, John Lasseter remercie son équipe et ses collaborateurs pour cet hommage… Mais l’assistance attend autre chose.

17h30. Sala Grande. Toy Story 3. Avant de projeter la version 3D de Toy Story 2, Lee Unkrich, réalisateur de Toy 3 en dit un peu plus sur le nouveau film. : Le jeune Andy a grandi, il a maintenant 18 ans. Il doit déménager à l’université et trouver une solution pour ses jouets : Les emmener ou s’en débarrasser ?
 
17h35. Sala Grande. Jalousie. Les toutes premières images de Toy Story 3 sont diffusées dans la salle, en exclusivité mondiale, près d’un an avant sa sortie. Nous n'avons pas pu y assister... On pourrait se dire que c’est mieux comme ça, que ce n’était qu’un Work in progress, qu’on préfère découvrir le film en entier au moment de sa sortie, etc.. Mais non, non n’y arrivera pas.

19h45. Sala Grande. Présentation officielle du deuxième français de la compétition, White Material de Claire Denis. La réalisatrice était déjà là l'an dernier avec le très beau 35 rhums, qui était hors compétition -et tout le monde ici se demandait pourquoi. Il faut savoir que ce White material a en fait été tourné avant 35 rhums... C'est dire si on attait la rencontre Claire Denis-Isabelle Huppert depuis un bout de temps...



Vingt ans après Chocolat, Claire Denis (qui a grandi au Cameroun) est donc retournée en Afrique. Huppert incarne une femme qui refuse d'abandonner l'exploitation d'une plantation de café, en dépit du climat de guerre civile. White material surprend et réjouit : Claire Denis est toujours cette réalisatrice qui sait filmer les corps et créer une atmosphère. Mais elle prouve ici qu'elle n'a peur ni des scènes dialoguées (on n'a jamais autant parlé dans un film de Claire Denis...) ni du mouvement : le film, qui aborde pourtant des questions complexes, captive de bout en bout. Est-il besoin d'ajouter qu'Huppert est égale à elle-même, c'ets-à-dire géniale ?



Eric & Julien

 
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