9h00. Sala Perla. Jedi Hippies. Projection Hors Compétition de The Men who stare at goats. Les hommes qui regardaient les chèvres… Avec un titre comme ça, on se demandait bien ce qu’allait nous réserver cette comédie signée Grant Heslov, scénariste de Good Night and good luck, ami de Clooney, et réalisateur pour la première fois. Le pitch lui aussi avait de quoi intriguer : un journaliste désespéré suit en Irak un militaire censé posséder des pouvoirs paranormaux. Une histoire vraie paraît-il. Doté d’un casting quatre étoiles : Ewan McGregor, George Clooney, Jeff Bridges, Kevin Spacey… on se disait que cet étrange projet allait bien nous réserver quelques surprises.

Verdict ?! Et bien on a été servis. Clooney et ses acolytes ont su insuffler une belle âme à cette comédie franchement rafraichissante. Il suffit de découvrir Jeff Bridges en caporal hippie ou Clooney convaincu d’être un Jedi (face à Ewan Kenobi McGregor…) pour adhérer à cette petite aventure qui réserve aussi quelques jolis moments d’émotion… si si.
13h10. Dans les jardins de l’hôtel Excelsior. Débriefing geek. Rencontre avec deux gars passionnés :Yannick Dahan et Benjamin Rocher, les réalisateurs de La Horde projeté la veille. Ils nous confient d’ailleurs qu’ils n’en menaient pas large avant la séance. Yannick Dahan : "Après t’être tapé 45 films d’auteur, ça peut être un choc d’aller voir la Horde, donc c’était chaud pour nous. Mais finalement voir que tout le monde a bien réagi c’était vraiment génial."

Avant de retrouver bientôt l’interview sur AlloCiné, on vous offre ce petit fantasme du réalisateur Yannick Dahan, véritable geek accro au cinéma de genre (il anime l’émission Frisson Break sur Ciné Cinéma) : "Mon fantasme absolu c’est de réaliser une vraie grande œuvre barbare. (…) Ce qui parle à mes tripes c’est un jour d’avoir une baraque de deux mètres avec une énooorme hache ! Lui faire sortir des grosses phrases et le lancer dans une bataille furieuse contre des vikings à coup de moulinets et de décapitations !" On est bien curieux de voir ça !
13h30. Sur le stand Unifrance. Voyage au bout de la promo. C’était la dernière interview pour les deux réalisateurs français désormais libres d’errer dans la belle Venise. L’attachée de presse leur demande alors une dernière faveur : une interview demain matin à 8h30 pendant le petit-déj avec un journaliste serbe, quelques minutes seulement avant de prendre l’avion… La promotion, parfois, c’est pas facile.
Grant Heslov entouré d'Ewan McGregor et George Clooney13h40 - Salle de conférence de presse - Happening. Un journaliste italien prend la parole pour adresser une question à Clooney. Jusque là, tout est normal : pendant une conférence de presse à laquelle participe Clooney, à peu près toutes les questions sont pour Clooney. Puis, tout en se désapant, jusqu'à finir en cravate et caleçon, il lance : "Je n'ai pas encore vu ton film, mais... Je t'ai vu, toi... et, comment dire ? Je suis gay, je crois que je t'aime. Prends-moi, George, choisis-moi ! S'il te plait, juste un baiser..." La sécurité ne tarde pas à l'évacuer, non sans avoir ôté son accréditation. Pendant ce temps, George, un rien embarrassé, fait du George : "La cravate est pas mal !"

Héros du jour, Clooney est arrivé sur le débarcadère... qui, tiens donc, se trouve être notre lieu du jour !
Un jour, un lieu : les débarcadères. A Venise, on n'a pas de montée des marches, mais on a encore plus chic : l'arrivée des stars sur les débarcadères. Chaque jour, paparazzi et badauds équipés de jumelles se postent en face de l'Hôtel Excelsior ou de l'entrée du Casino pour les guetter, les mitrailler. Il y a presque quelque chose de mythologique dans ce rituel vénitien, l'arrivée sur la terre ferme des demi-dieux que sont les stars. Ca vous a une autre allure que les yachts paresseusement amarrés du côté de la Côte (d'Azur).
15h40. Terrasse du Nastro Azzuro. Le fil de la conversation. Interview avec la bavarde Jane Birkin pour évoquer le magicien Rivette. Reine de la digression, elle nous parle aussi de... Parle avec elle, des lettres de son père qu'elle conserve sur son bureau, et du sort des koalas blessés.
Elle se souvient aussi du Gala de l'Union des Artistes, en 1973. "Il y avait tout le monde : Michel Simon, Belmondo qui se jetait dans le vide, Serge en clown, Claudia Cardinale découpée dans une boite..." Et Jane en funambule : "C'était un peu humiliant, on m'avait mis des oreilles et une queue de lapin, il fallait que je ramasse des carottes sur le fil de fer... et j'ai réussi !" Birkin dessine, aussi. Alors on lui demande de nous faire un petit croquis inspiré par Rivette. Elle s'exécute gentiment : "C'est Rivette sur un fil de fer".
17h. Sala Grande. Déflagrations. Projection de Lebanon, film israélien présenté en compétition. Alors qu'en France, les films israéliens arrivent en nombre sur les écrans (Zion et son frère, Une jeunesse israélienne ou l'excellent Tu n'aimeras point), le public de la Mostra a été très impressionné par ce premier long métrage sur la Guerre du Liban, signé par une réalisateur de 47 ans, Samuel Maoz.

On est littéralement "embedded", embarqué dans un tank aux côtés de 4 jeunes soldats confrontés à l'horreur de la guerre. Le réalisateur tient à secouer le spectateur, usant notamment d'un procédé osé : filmer de façon subjective, comme si la caméra était le viseur du tank... Ce film éprouvant ne possède cependant ni l'intensité de Beaufort, qui, sur un sujet voisin, se révélait plus subtil, ni l'originalité de Valse avec Bachir. Au fait, si vous voulez voir un autre film novateur sur la guerre au quotidien, ne ratez pas Démineurs de Kathryn Bigelow, qui sort enfin (le 24 septembre), un an après avoir été projeté sur le Lido.
18h45. Sur les rochers, face à la mer. Plage de travail. 36 vues du Pic Saint-Loup sort demain, il faut donc transcrire dès maintenant l'interview de Birkin. Comme on n'a pas besoin d'internet pour faire ça, on va travailler sur la plage, avant que le soleil se couche. Une expérience pas déplaisante, même s'il n'est pas évident de traduire à l'écrit la langue si particulière de Jane Birkin et ses formulations gracieusement alambiquées... L'interview est à lire ici !
19h00. Tapis rouge. Geooooooooorge. C’est la foule des grands jours devant le tapis rouge pour accueillir le réalisateur de The Men who stare at goats accompagné d’Ewan McGregor et de George Clooney. En bon gentleman, ce dernier passe près de dix minutes à signer des autographes à ses fans.
Elisabetta Canalis (mannequin et star
de la télé italienne) et George Clooney19h15. Sala Grande. A vot' service. George Clooney a bien des talents, mais pas celui d'empêcher les incidents techniques pendant une projection à Venise (on promet un avenir de super-héros à celui qui disposerait de ce pouvoir-là). La projo officielle de The Men who stare at goats est interrompue à deux reprises. Ca fait deux occasions pour Clooney de faire son numéro : la première fois, il chante "O sole mio..." La deuxième, il sert des coupes de vin blanc à une rangée d'invités. On en connait qui devaient pas être pressés que la séance reprenne...
00h00. Sala Grande. L’Elite de Venise ? Projection (tardive) Hors Compétition de L'Elite de Brooklyn. Encore un superbe casting pour clore cette journée : Richard Gere, Don Cheadle, Ethan Hawke, Wesley Snipes... Rien que ça. Le tout sous la houlette d’Antoine Fuqua, on en salivait d’avance.

Le réalisateur de Training day nous propose ici une sombre plongée dans le quotidien de la police new-yorkaise à travers trois destins : celui d’un vétéran blasé (Gere), d'un infiltré oublié par ses supérieurs (Cheadle) et d'un brigadier des stupéfiants obliger de magouiller pour payer une nouvelle maison à sa famille (Hawke)… Autant dire que le travail de policier n’a pas l’air rose tous les jours. Surtout dans le Brooklyn de Fuqua, particulièrement noir et sans espoir. D’ailleurs, s’il y a bien quelques longueurs (le film dure 2h20), on constate surtout que le réalisateur n’a pas perdu son talent de metteur en scène, bien au contraire. On aura donc quelques questions à poser à tout ce petit monde qu'on doit rencontrer demain...
Ethan Hawke, Wesley Snipes, Shannon Kane et Antoine FuquaEric et Julien