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Le palmarès !

Bien sûr, d'aucuns verront une certaine malice dans le choix du jury de Werner Herzog de décerner l'Ours d'argent du Meilleur réalisateur à Roman Polanski. Mais au-delà de l'affaire judiciaire (le cinéaste est assigné à résidence en Suisse), tous les festivaliers ont salué les qualités artistiques de son film, The Ghost-Writer, considéré par beaucoup comme son meilleur film depuis longtemps.

Cette récompense ne doit cependant pas éclipser le reste du palmarès, qui fait la part balle à un cinéma contemplatif (si on veut parler esthétique) et à l'Europe centrale et orientale (si on veut parler géopolitique). L'Ours d'or a été attribué au film turc Bal de Semih Kaplanoglu, portrait d'un enfant solitaire et dernier volet d'une trilogie entamée avec Yumurta, vu à la Quinzaine des réalisateurs cannoise, et Milk, présenté à Venise -c'est dire si le monsieur est un habitué des festivals...

Le cinéma roumain a toujours le vent en poupe si on en croit la double récompense décernée à If I Want To Whistle, I Whistle (If I Want To Whistle, I Whistle) de Florin Serban, un premier long métrage qui décroche à la fois le Grand Prix du jury et le Prix Alfred Bauer (décerné à un film qui "élargit les horizons de l'art cinématographique). Toujours à l'est, How I ended this summer (Kak ya provel etim leto) de Alexei Popogrebsky, un des favoris de la presse internationale, cumule le Prix d'interprétation masculine (pour ses deux comédiens Grigory Dobrygin et Sergei Puskepalis) et le Prix de la Meilleure contribution artistique.

Le Prix d'interprétation féminine revient à la Japonaise Shinobu Terajima, héroïne de Caterpillar de Koji Wakamatsu. Elle incarne l'épouse dévouée à l'extrême d'un soldat revenu de la guerre atrocement mutilé. Le cinéma asiatique est également récompensé à travers le Prix du scénario décerné à Tuan Yuan (Apart together) de Wang Quan'an, qui conte les retrouvailles d'un couple de vieux amants longtemps séparés. On notera pour finir que le jury du réalisateur Allemand Werner Herzog (qui vit désormais en Amérique), a totalement ignoré les 3 films venus des Etats-Unis...

Julien Dokhan et Barbara Fuchs


Le Palmarès

Ours d'or : Bal de Semih Kaplanoglu (Turquie)

Grand Prix du jury (Ours d'argent) : If I want to whistle, I whistle (Eu cand vreau sa fluier, fluier) de Florin Serban (Roumanie)


Ours d'argent du Meilleur réalisateur : Roman Polanski pour The Ghost-writer

Ours d'argent de la  Meilleure actrice : Shinobu Terajima pour Caterpillar de Koji Wakamatsu (Japon)

 (

Ours d'argent du Meilleur acteur : Grigori Dobrygin et Sergei Puskepalis pour How I ended this summer (Kak ya provel etim leto) de Alexei Popogrebsky (Russie)

Ours d'argent du Meilleur scénario : Tuan Yuan (Apart together) de Wang Quan'an (Chine)

Ours d'argent de la Meilleure contribution artistique : How I ended this summer (Kak ya provel etim leto) de Alexei Popogrebsky (Russie)

Prix Alfred-Bauer (décerné à un film "qui élargit les horizons de l'art cinématographique") :
If I want to whistle, I whistle (Eu cand vreau sa fluier, fluier) de Florin Serban (Roumanie)

Le jury est présidé par Werner Herzog, 5 autres membres le composent : la réalisatrice Francesca Comencini, l'écrivain Nuruddin Farah, les actrices Cornelia FroboessYu Nan et Renee Zellweger et le producteur Jose Maria Morales.

Prix du Meilleur premier film (Jury présidé par Michael Verhoeven, entouré de l'acteur Ben Foster et de la productrice Lorna Tee) : Sebbe de Babak Najafi (Suède), film présenté dans la section Generation

Ours d'or d'honneur pour l'ensemble de leur carrière : Hanna Schygulla et Wolfgang Kohlhaase

Berlinale Camera (prix remis à une personnalité ou une institution à laquelle le festival est particulièrement attaché) : le réalisateur Yoji Yamada ; les fondateurs de la section Forum Ulrich et Erika Gregor ; la fonderie Noack (qui a produit les "Ours" remis aux lauréats)

D'autres récompenses...

Prix du Public de la section Panorama : Waste land de Lucy Walker, Joao Jardim et Karen Harley (Grande-Bretagne / Brésil)

Prix du jury Dialogue en perspective : Lebendkontrolle de Florian Schewe

Teddy Bear (remis au Meilleur film à thématique gay ou lesbienne) : The Kids are alright de Lisa Cholodenko (Etats-Unis). Un Teddy spécial a été décerné à Werner Schroeter.

Prix du jury de la section Generation Kplus : L'Ours de cristal revient à Shui Yuet Sun Tau de Alex Law (Hong Kong/Chine). Mention spéciale : This way of life de Thomas Burstyn (Nouvelle-Zélande / Canada).

Prix du jury de la section Berlinale Shorts : L'Ours d'argent du Meilleur court métrage revient à Händelse vid bank de Ruben Östlund (Suède)

Prix du jury de la section Generation 14plus : L'Ours de cristal revient à Neukölln unlimited de Agostino Imondi et Dietmar Ratsch (Allemagne)

 
Berlin, jours 8 et 9 : deux polémiques, un pachyderme

9h, Berlinale Palast. Le retour d'une lauréate. La Guerre de Bosnie-Herzégovine, l’infertilité, le fanatisme islamique, le terrorisme... Ca fait beaucoup de sujets pour un seul film. Mais Jasmila Zbanic, Ours d’or à Berlin en 2006 pour Sarajevo, mon amour, a réussi à réunir de façon cohérente (et avec même un peu d'humour) tous ces sujets graves dans son nouveau film en compétition On the path. La performance remarquable de l’actrice principale Zrinka Cvitesic (qui d’ailleurs est comme Anais Demoustier une « Shooting Star » de la Berlinale 2010) pourrait impressionner aussi le jury... à moins que Zbanic ne décrocher un deuxième ours d’or ?

12h. Berlinale Palast. Houleux. Une foule de journalistes se presse à la projection de Jud Süß, nouveau projet "monstre" du producteur Bernd Eichinger à qui on doit Resident Evil : Extinction ou Le Parfum. On n’attendait pas grand-chose du réalisateur Oskar Roehler (Particules élémentaires) avec ce long métrage centré sur l'acteur principal du fameux film de propagande nazie Le Juif Suss. Mais le film dépasse nos craintes : petits et grands arrangements avec l’Histoire, scènes de mauvais goût, stéréotypes, un Goebbels clownesque (Moritz Bleibtreu)... Le film a été copieusement hué par la presse, chacun se demandant comment il a pu se retrouver en compétition. 

18h00. Un café de Potsdamer Platz. Croisette en vue. Comme l'ensemble de la presse, Variety déplore le faible niveau de la compétition berlinoise. Dans un article instructif, Shane Danielsen parle de la suprématie de Cannes, en pointant un paradoxe : il n'y a jamais eu autant de festivals dans le monde, mais un seul voit sa position de leader se conforter chaque année un peu plus... Et de donner l'exemple de Nuri Bilge Ceylan, qui a refusé de présenter son dernier film "chez lui", au festival d'Istanbul, pour ne pas griller ses chances de le dévoiler sur la Croisette. Pendant ce temps, le journal Screen listait, par zone géographique, les films qui seront "prêts pour Cannes". Contentons-nous ici de citer quelques noms : Aronofsky, Malick, S. Coppola, Kiarostami, Kechiche, Godard, Beauvois, Inarritu, Leigh, Mikhalkov, B. Tarr, X. Dolan, Cameron Mitchell...

Un jour, un lieu : Le Kindergarten

      

Oui oui, vous avez bien lu, et bien traduit : le Jardin d'enfants. Depuis quatre ans, les parents qui veulent se rendre à la Berlinale peuvent laisser leurs enfants dans le Kindergarten le temps de leurs projections. Ce service, situé à 5 minutes de la Potsdamer Platz dans la Gemäldegalerie (Pinacothèque), est destiné au départ aux journalistes accrédités, mais le public peut aussi y avoir accès. Les bambins y découvrenr des œuvres d’art ou en conçoivent eux-mêmes dans un atelier. Pour les moins "arty" mais plus "sporty", il y aussi des "bains de ballons", des voitures  "Bobby-Cars" ou des trampolines...

22h00. Martin-Gropius Bau. Asian food. La fatigue commence à se faire sentir : on rate la projo du film turc de la compétition qu'on avait très envie de voir. Aucun film excitant sur le papier à cette heure-ci. Dépité, on se rend à la projection d'un film coréen de la section "cinéma culinaire". Cette projo tardive n'est pas suivie d'un repas (voir le post Berlin, jour 5...), mais un café au lait est servi aux spectateurs qui font la queue. Naked kitchen est une bluette qu'on aura sans doute oubliée demain, avec une jolie vendeuse de parasols partagée entre son mari et son amant, lesquels sont amis et travaillent ensemble en vue de l'ouverture d'un restaurant. D'où le titre. Voilà.

Vendredi, 01h. Un resto de Prenzlauer Berg. Réplique. On discute avec un comédien qui nous rappelle cette jolie phrase de Wim Wenders : à un journaliste qui lui faisait remarquer que certains spectateurs s'endormaient en regardant ses films, l'auteur des Ailes du désir répondit : "S'ils s'endorment devant mes films, c'est qu'ils me font confiance..."

12h. Berlinale Palast. Film-coups de poing. Projection de The Killer inside me de Michael Winterbottom, déjà présenté avec fracas à Sundance. Adapté d'un roman de Jim Thompson, le film a pour héros et narrateur un tueur sadique (et par ailleurs flic...) interprété par Casey Affleck. L'extrême brutalité de plusieurs scènes (Jessica Alba et Kate Hudson se font sévèrement amocher) nous laisse perplexe, comme d'ailleurs l'ensemble du projet. The Killer inside me est une étape éprouvante dans le parcours déjà sinueux de Winterbottom. Sera-t-on toujours prêt à le suivre ? La projo de presse s'achève sur quelques sifflets, le réalisateur se défendra face aux journalistes : "Les scènes violentes doivent être horribles, répugnantes. Si on avait du plaisir à les voir, ce serait pervers. Or, ce n'est pas le cas avec mon film."

Vendredi. 12h20. Hôtel Ritz Carlton. Tendu. Interview avec l'équipe du controversé Jud Süß. Même si tous assurent que "de toute façon, on savait que ce film ferait polémique », l'atmosphère est un peu lourde. Oskar Roehler affirme que seuls les personnages secondaires sont stéréotypés. L'acteur principal Tobias Moretti salue le réalisateur qui a livré un film "pas facile à digérer pour les spectateurs". On rencontre aussi une Martina Gedeck très réfléchie dans ses réponses et un Moritz Bleibtreu qui "redevient facilement Moritz après une journée de tournage", même pour un rôle aussi prenant que celui de Goebbels.


L'équipe de Jud Suss: Justus von Dohnanyi, Martina Gedeck, Tobias Moretti, Oskar Roehler et Moritz Bleibtreu

14h. Berlinale Palast. Traumatisme "Le journalisme, c’est attendre", dixit une collègue à côté de nous. De fait, on patiente longtemps avant de rencontre Zrinka Cvitesic, la jeune actrice de Na putu. Elle nous confie avoir été "la seule Shooting Star de la Berlinale sans agent". Ses souvenirs de la guerre de Bosnie-Herzégovine sont lointains mais pas effacés : à dix ans, elle a été visée par un tank en sortant de chez elle, et à dû fuir à toute vitesse avec sa mère en voiture...

16h. Berlinale Palast. Effet boeuf. Projection du seul film français en compétition, Mammuth. Déjà, l'idée de départ est ingénieuse : Serge a 60 ans, il lui manque des points pour sa retraite. Le voilà donc parti sur la trace de ses anciens employeurs, pour récupérer ses bulletins de salaire  En voyant Depardieu cheveux au vent sur sa moto (une Munch Mammut), on pense aux Valseuses, avec le même Gégé à vélo en compagnie de Dewaere et Miou-Miou. Et à la fin de Mammuth, on se dit que Delépine et Kervern signent le grand film que Bertrand Blier n'est sans doute plus en mesure d'offrir. 

On y trouve les ingrédients qui firent jadis le succès de l'auteur de Tenue de soirée : la critique sociale, l'humour trash (la Groland's touch), les envolées poétiques et le sens du casting : du couple indiscutable Depardieu-Yolande Moreau aux apparitions, au sens presque magique du terme, d'Isabelle Adjani, en passant par les clins d'oeil des potes (Dick Annegarn, Siné...). Dans la lignée d'Altraa ou Louise-Michel, mais en plus ambitieux, ce Mammuth mérite qu'on lui fasse de la place au moment du palmarès.

Vendredi, 17h30. Salle de conférence de presse. Blague suisse. Avec Delépine et Kervern, l'exercice vire au happening. Avec un canular gros comme un mammouth. Kervern lit une lettre arrivée de Suisse : "Ici il neige, je regarde les Jeux olympiques mais c'est chiant, j'ai bien reçu le DVD de +Mammuth+, votre film est génial (...), bon Ours d'or !" Signé Polanski.  

22h15. Berlinale Palast. Star. Elle fait juste une participation dans Mammuth. Isabelle Adjani, qui avait raté son avion l'an dernier pour venir à la projection berlinoise de La Journée de la jupe, surgit sur le tapis rouge.

 
 Isabelle Adjani et Benoît Delépine


La vidéo du jour

Kro-land. Interview avec Delépine et Kervern. L'accueil de la presse a été bon. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que nos deux compères n'ont pas attendu la soirée pour fêter ça... Vous pouvez vous en rendre compte dans la vidéo du jour, à consommer avec modération...

JD et BF



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Berlin, jour 7 : Moore and more...

12h. Berlinale Palast. Garçon donneur. "Pourquoi as-tu fait ce don de sperme ?" demande le jeune Laser à son père adoptif. - "Bah, j’ai trouvé ça plus marrant que faire un don de sang". Une réplique qui donne le ton, léger et enjoué, de The Kids are allright de Lisa Cholodenko (auteur du mémorable High art en 1998). Deux ados, élevés par un couple de lesbiennes (Julianne Moore et Annette Bening, impec’) entrent en contact avec leur père biologique (Ruffalo), qui va semer… la zizanie au sein de cette famille ordinaire. Car l’homoparentalité n’est pas présentée comme un "problème", le film décrit en fait les aléas de toute vie conjugale ou la difficulté de voir partir ses enfants (au fait, la fille est Mia Masikovska, l’Alice de Burton). L’ensemble est très plaisant, mais on pourra juger un tantinet excessif l’enthousiasme des critiques –qui n’ont, il est vrai, pas si souvent l’occasion de s’amuser à la Berlinale.

12h. Salle de conférence de presse. Welcome to Julianne. Le matin, les quotidiens allemands indiquaient que Julianne Moore ne viendrait pas à Berlin. Mais finalement la flamboyante actrice, qui parle la langue de Goethe (elle a étudié 2 ans à Francfort) est bien là aux côtés de sa réalisatrice. D’après ce qu’on a compris, les organisateurs de la Berlinale préfèrent ne plus annoncer la venue de certaines stars pour ne pas risquer d’être ridicules en cas de défection. Kim Cattrall n’était pas là pour Ghost Writer, et Jessica Alba ne devrait pas venir défendre le film de Winterbottom vendredi...

15h30. Berlinale Palast. Polaire. A priori, l’histoire du film russe présenté en compétition n’est pas très passionnante : le quotidien de deux employés d’une station météorologique située dans le désert arctique de Russie. Mais le réalisateur et scénariste Alexei Popogrebskiy a imaginé des événements extérieurs qui viennent perturber la vie de ces deux individus isolés dans leur cocon. Un rien trop long, How I ended this summer vaut pour sa beauté visuelle et pour l’interprétation de ses deux comédiens Grigory Dobrygin et Sergei Puskepalis.

Un jour, un lieu : le Moviemento

   

C'est le plus ancien cinéma de la ville. Situé dans le quartier de Kreuzberg, bastion de la culture alternative berlinoise, le Moviemento a fêté ses 100 ans en 2007. A l'opposé du style clinquant des multiplexes de la Potsdamer Platz, cette salle à la programmation éclectique n'en est pas moins associée à la Berlinale. Le Moviemento fait partie des salles participant à l'opération Berlinale goes kiez, qu'on traduira librement "la Berlinale près de chez vous". Chaque soir, une salle au profil "art et essai" projette 2 films piochés dans les différentes sections, en présence d'un parrain prestigieux (Wenders, Tykwer, Petzold). Et le petit plus du Moviemento, c'est une expo de la photographe française Marie de Losier sur les coulisses du festival.

18h00. Berlinale Palast. C'est l'heure du tapis rouge pour Julianne Moore et Lisa CholodenkoI guess they're alright...

20h45. Cinema FriedrichstadtPalast. Jackie chante. L’infatigable Jackie Chan fait son show lors de la présentation en Séance spéciale de son nouveau film Little big soldier. Dans la salle, entouré de son équipe, il poussera même la chansonnette…

21h00. Georgestrasse. Cousins germains. "Ils en sont où, le Bayern ?" demande Christoph à Bjorn. Christoph et Bjorn, ce sont les journalistes du site Filmstarts (le AlloCine d'outre-Rhin), avec qui nous dînons dans un restaurant traditionnel allemand. Leurs chouchous de la compétition ? The Ghost writer et Howl. Mais leur film préféré de la Berlinale n'est pas en lice pour l'ours d'or, c'est Orly (présenté au Forum), que l'Allemande Angela Schanelec a tourné dans l'aéroport parisien. Ah, c'est beau, l'amitié franco-allemande...

21h30. Zoo Palast. Touffu. Il y a dix ans, les Français Ducastel et Martineau présentaient à Berlin Drôle de Félix, comédie gonflée sur le sida. Ils sont de retour au Panorama avec L'Arbre et la forêt, d'jà auréolé du Prix Jean Vigo. Là encore, le sujet est grave (la déportation des homosexuels), mais cette fois les réalisateurs, soucieux de pédagogie et sans doute un peu paralysés par un thème si douloureux, ont évacué toute légèreté. Cette oeuvre nécessaire aurait eu plus de force si elle avait été moins chargée en symboles, moins grave -le film est construit autour de la révélation d'un secret de famille. Une famille dont les piliers sont Guy Marchand et Françoise Fabian, un vrai beau couple de cinéma.

23h15. Leipziger Platz. Honteux ! On boit des verres à la fête d'un film espagnol qu'on n'a pas vu, et dont on a même oublié le titre.

La  vidéo du jour

On l'a découvert à Berlin la semaine dernière, vous pourrez le voir en France la semaine prochaine. Ce serait pas le moment de vous proposer l'interview que DiCaprio a accordée à AlloCiné à propos de Shutter island ?

(propos recueillis à Paris par Yoann Sardet)




JD & BF

 
Berlin, jour 6 : entre violence et transgression...

10h30. Salle Cinemaxx 7. Tentant. Quand on est l'idole des jeunes, à un moment, on se doit de se dévergonder. Kristen Stewart, l'étoile de Twilight, l'a bien compris. Dans Welcome to the Rileys (présenté au Panorama), Kristen fait du lapdance, a les cheveux sales et dit "fucking" toutes les deux phrases. Le film raconte la relation tendre -mais chaste- qui se noue entre une ado stripteaseuse et un homme mûr, meurtri par la mort de sa fille quelques années plus tôt. On est sur un terrain un peu trop balisé (on imagine le clignotant "vu et approuvé à Sundance"), mais le tout est exécuté avec suffisamment de finesse du côté du réalisateur (Jake Scott, fils de Ridley) et de conviction du côté des acteurs (Stewart, donc mais aussi James Gandolfini en papa gâteau de substitution) pour emporter notre adhésion. Applaudissements nourris à la fin de cette projo ouverte au public.

11h30. Hôtel Bel air. Nouveau western. Après la sortie tardive en décembre de l'excellent The Proposition de John Hillcoat, la section Panorama nous offre un autre western australien (contemporain celui-là), Red Hill. D'où notre rencontre avec son jeune et sympathique réalisateur, Patrick Hughes, qui cite comme influences... The Proposition, mais aussi No Country for Old Men des Coen. Hughes reconnait que dans son film aussi, "la violence est très présente", à travers un des personnages, "un monstre froid, sans émotion". Mais le spectateur, aussi effrayé que le héros, incarné par Ryan Kwanten (vu dans les séries Six feet under et True Blood), doit admettre, selon Hugues, "que ce tueur sadique est un être humain".

12h30. Salle de Presse. Bon marché. Un communiqué du festival fait état du succès rencontré cette année par le Marché. Déjà 40 000 visiteurs, avec un pic dimanche : ce jour-là, 2400 professionnels étaient réunis dans le Martin-Gropius Bau. Le record de 2009 est battu.

13h. Berlinale Palast. Bonne question. "Pourquoi AlloCine" s’appelle AlloCine ?" C'est le réalisateur allemand Benjamin Heisenberg qui, renversant un instant les rôles, nous pose cette question. De bonne humeur après l'accueil favorable reçu par Der Raüber, il nous raconte qu'il a lu le roman Der Raüber "dans l'avion, en se rendant justement à la Berlinale en 2006". Il explique avoir passé des heures au téléphone avec l'écrivain pour clarifier des questions comme "Un marathonien peut-il braquer une banque juste après une course" ? Comme l'histoire se situe en Autriche, avec des acteurs locaux, plusieurs médias présentent le réalisateur comme un Autrichien, un malentendu qui l'amuse. 

Un jour, un lieu : Le Sony Center

 
Encore un de assemblages étranges dont Berlin a le secret ! Construit à la fin des années 90, ce vaste ensemble architectural transparent, situé à proximité de la Potsdamer Platz, concentre plusieurs espaces de loisirs et de culture. S'y côtoient la Filmhaus (la Cinémathèque de Berlin et son Musée du cinéma, avec au programme ces jours-ci Romy Schneider et Metropolis), le multiplexe Cinestar et sa salle Imax 3D ou encore le parc Legoland... et sa girafe en lego juste à coté de la photo de Zhang Yimou

15h30. Salle Cinemaxx. Parano. Nos sacs sont contrôlés à l’entrée de la salle. Trois hommes costauds prennent notre caméra. On se demande se qui se passe. Y a-t-il une crainte d'attentat lié à la projection de ce film venu d'Iran ? On apprendra plus tard la vraie raison : un film a été piraté cette semaine pendant une projection de presse...

16h30. Berlinale Palast. Purs et durs. Rencontre avec Céline Danhier, réalisatrice du docu Blank City. Une plongée dans le New York de la fin des années 70, l'époque du mouvement No wave et du cinéma de la transgression. Sans réseau ni argent, mais avec une bonne dose d'enthousiasme (comme ses  modèles...), cette jeune Française a rencontré des témoins-clés de l'époque. Quantité d'archives et d'extraits de films rares illustrent ingénieusement leurs propos. Parmi les plus fameux intervenants : Lydia Lunch, Debbie Harry, Jim Jarmusch ou Steve Buscemi qui, comme Vincent Gallo, débuta dans ces films underground. Cinéastes et musiciens revendiquaient alors le refus de toute limite, mais aussi leur absence de technique et leur manque de moyens. Non sans humour, à l'image de cette affiche qui clamait : "Everyone here is a band". Vidéo à venir...

17h30. Salle Cinemaxx. Impassible. Fin de la projection de Shekarchi de Rafi Pitts. L'histoire d'un homme qui perd sa femme et sa fille lors d'une fusillade en pleine manifestation. Des plans splendides mais un rythme très lent. Visiblement, Werner Herzog, assis juste devant nous, se n'est pas endormi. On ne peut pas lire la moindre émotion sur son visage, si ce n'est un brin d'énervement lorsque des journalistes le harcèlent pour obtenir une déclaration de sa part avant la palmarès...

20h, Urania. Corps de cœur. On rattrape le seul film japonais de la compétition, Caterpillar ("la chenille"), qu'un journal allemand avait distingué en raison de scènes sexuelles très originales. L'histoire ? Une jeune femme doit s’occuper de tout cœur et tout de son corps de son mari, revenu vivant de la guerre, mais sourd et sans bras ni jambe, presque tel un morceau de viande... Koji Wakamatsu, qui débuta dans les années 1960 avec des films érotiques comme Vierge violée cherche étudiant révolté, a encore réussi à choquer les spectateurs...

21h00. Salle de presse. Pas du jeu. Si les vendeurs et les acheteurs ont le sourire, c'est moins la joie sur le front politique... Jafar Panahi, réalisateur du Cercle et de Hors jeu (couverts de prix dans les festivals) devait venir à Berlin pour participer à un débat sur le cinéma iranien. Mais on vient d'apprendre qu'il n'a pas obtenu la permission de quitter son pays.

La vidéo du jour

Lors de notre rencontre d'hier, Anais Demoustier a eu droit au petit questionnaire qu'on aime bien soumettre aux jeunes comédiens. Mais en attendant de découvrir ses réponses prochainement sur AlloCiné, écoutez-là nous expliquer en quoi consiste l'opération Shooting Stars. Elle nous parle aussi de ses différents projets...



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Berlin, jour 5 : les voyages forment la jeunesse... et ouvrent l'appétit !

9h. Berlinale Palast. Un Mesrine autrichien ?. On commence la journée avec la projection de Der Räuber ("le braqueur"), en compétition. Le film revient sur l'histoire vraie, qui remonte aux années 80, de "Pumpgun Ronny" (ainsi surnommé parce qu'il portait un masque de Ronald Reagan). L'homme est connu pour des braquages et fuites spectaculaires qui ont rendu chèvre la police autrichienne... mais aussi pour avoir remporté de nombreux marathons - il détient encore un record à ce jour ! Dans cette production austro-allemande, le gangster est un loup solitaire à la double de personnalité : Dès qu’il met son masque, il devient un être dangereux et brutale cherchant à assouvir ses pulsions. Polar poétique et efficace, Der Räuber fera-t-il main basse sur le palmarès ?

13h. Hotel de Rome. Emoustillés. Sympathique conversation avec Anaïs Demoustier (Les Grandes personnes), qui fait partie de la cuvée 2010 des Shooting stars, autrement dit un coup de projecteur sur 10 jeunes comédiens européens. Parmi les autres pensionnaires de cette Auberge espagnole... berlinoise figure l'Anglais Edward Hogg, bientôt à l'affiche de White lightnin' (dont on nous a dit le plus grand bien). Anais Demoustier doit quitter la table des convives pour répondre à nos questions, on s'en excuse... "C'est pas grave, on ne fait pas que manger toute la journée !" Plus sérieusement, elle se félicite de cette initiative, qui lui permet de dialoguer avec de nombreux professionnels européens. On vous montre la vidéo demain.

Anaïs Demoustier. Memento Films

17h30. 9ème étage de la Maison du cinéma. Echange linguistique. Pour la 6e fois, TV5Monde et l’OFAJ (l’Office franco-allemand pour la Jeunesse) ont choisi 7 jeunes cinéphiles français ou allemands. Ils composent le jury chargé de remettre le prix "Dialogue en perspective", décerné à un film allemand de la section Perspektive Deutsches Kino. Nous rencontrons le Français Jonathan et l'Allemande Mara, qui nous racontent cette expérience (voir la vidéo du jour). On en profite pour demander à chacun un bon plan berlinois. Pour décompresser, Jonathan conseille le Wild at heart, "club de motards" qui diffuse du rockabilly et Mara recommande d'aller "au moins une fois" au club-culte "le Berghain".

18h. Cinéma Paris. Berlin à la page. La Berlinale rend hommage à Eric Rohmer avec une projection exceptionnelle de Pauline à la plage, Ours d'argent du Meilleur réalisateur en 1983. Pauline-Amanda Langlet a fait le voyage. Sait-elle qu'un des plus grands fans américains de Rohmer est en compétition cette année ? Noah Baumbach, réalisateur de Greenberg, n'a jamais caché son admiration pour l'auteur de La Collectionneuse, au point d'avoir failli appeler son précédent film (devenu Margot at the wedding) Nicole at the beach. Mais Jennifer Jason Leigh s'y appelle toujours Pauline...

Amanda Langlet et Simon de La Brosse. Les Films du Losange

21h50. Salle de cinéma International. Mexico, Mexiiii...  Les films à sketchs, c'est à la mode et c'est pratique : ça permet à un festival d'aligner plusieurs grands noms avec un seul film... Plutôt que de présenter New York I love you (on est tout de même à Berlin, le glamour a des limites...), le festival a programmé Revolucion, ou le regard de 10 cinéastes sud-américains, 100 ans ans après l'insurrection mexicaine. Fernando Eimbcke y montre la même finesse que dans son premier long, Lake Tahoe, mais le format court est l'occasion pour certains de tenter des expériences (le contemplatif Carlos Reygadas n'a jamais été aussi agité !). Graves ou ironiques, ces films sont souvent tournés vers l'avenir : les enfants sont très présents, comme dans le court réussi de Gael Garcia Bernal.


Un jour, un lieu : le Mirror Restaurant

Aujourd'hui, il est question d'un restaurant situé face au Martin Gropius, batiment dont on vous a déjà parlé et qui abrite le Marché (y en a 2 qui suivent). Quel rapport avec la choucroute ? me direz-vous. Eh bien justement, en dehors du fait que les festivaliers viennent y manger et parfois y faire la fête, l'établissement est lié à la Berlinale à travers l'opération Kulinarisches Kino (Cinéma culinaire), avec pour mot d'ordre cette année "In the food for love" (arf). 

Pour la 4ème fois, les cuisiniers ont mitonné un programme de films en rapport avec la nourriture. Et après certaines projections, les spectateurs sont invités à se rendre dans ce restaurant, où de fameux chefs allemands ont concocté des plats liés aux films de la sélection. Exemple : pour Io sono l'amore, dans lequel Tilda Swinton incarne une Russe qui épouse un Milanais, un cuistot a imaginé un plat en forme de "déclaration d'amour italo-russe". Autre film au menu : Kings of pastry, ou la compétition qui oppose 16 patissiers français pour le titre de Meilleur Ouvrier de France, vue par le couple de documentaristes américains Hedgus-Pennebaker. Alléchant, non ?

La vidéo du jour
Rencontre express avec Jonathan et Mara, 2 membres du jury 2010 Dialogue en perspective...



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Berlin, jour 4 : Un cinéaste graffeur et un Ben Stiller pas gaffeur

12h00. Berlinale Palast. Beautiful loser. Les critiques font la fine bouche devant Greenberg de Noah Baumbach. On a pourtant été séduit par ce portrait d'un homme en plein désarroi. Interprété par un Ben Stiller excellent, ce grand garçon paumé rejoint la galerie des attachants losers qui peuplent les films de Wes Anderson (dont Baumbach est le fidèle coscénariste).

Roger Greenberg, qui sort de dépression, passe quelques semaines chez son frère. Mais rien ne semble propice à son épanouissement : son boulot de musicien, ses rapports avec ses amis, son ébauche de relation avec la jeune assistante de son frère (un beau personnage, qu'on aurait imaginé pour Chloe Sevigny, mais incarné par Greta Gerwig, une vraie révélation)... Comme dans le premier film de Baumbach, le remarquable Les Berkman se séparent, le ton parfois acide n'empêche pas la compassion. Et la bande-son, évidemment de bon goût, est raccord : de la douce tristesse qui se dégage de la BO composée par James Murphy (LCD Soundsytem) au trouble provoqué par un titre de Melody Nelson, génialement utilisé.

14h30. Photocall et conférence de presse Greenberg. Ben Stylé. Ben Stiller fera remarquer que c'est la première fois qu'il se retrouve héros d'un film en compétition dans un grand festival...

15h30. Berlinale Palast. Loin du Dogme. En interview avec Thomas Vinterberg, qui admet que ce que raconte Submarino (photo ci-dessous) est "très sombre et brutal", mais lui y voit aussi de la "douceur" car il s’agit de "prendre soin de l’autre". Concernant les scènes choquantes, il avoue qu'il ne se sent aucune limite : "il n'y a rien que je ne pourrais montrer dans un film". 15 ans après le lancement du Dogme, mijoté avec Lars Van Trier, l'auteur de Festen confie : "Cette époque est terminée, je veux trouver de nouvelles règles aujourd'hui."

16h. Salle de presse. Déjà une récompense ! On apprend que le Berlin Today Award 2010, destiné à l'oeuvre d'un jeune auteur vient d'être décerné au court métrage australien Jonah and the viarious nature of homesickness, présenté comme un film de sf romantique... Ce prix est remis dans le cadre du Berlinale Talent Campus, espace de rencontres et d'échanges entre jeunes artistes et professionnels confirmés. Parmi les 150 invités de cette édition figurent Stephen Frears, Gael Garcia Bernal, Tom Tykwer ou encore Alexandre Desplat.

16h. Salle Cinemax. Masqué C’est confirmé : exceptionnellement, le film Exit through the gift shop, présenté en Sélection officielle, ne sera pas suivi d'une conférence de presse.  Pourquoi ? Parce que le réalisateur, Banksy, un artiste graffeur, est underground au point de n'avoir jamais montré son visage. Pour ne pas frustrer trop les journalistes, il a transmis un bref message vidéo. Évidemment, il n'y apparait pas et sa voix est déformée. Son intention : que son film soit au graffiti ce que Karate Kid fut aux arts martiaux...

16h10. Salle Cinemax. L'art est dans la rue. Exit through the gift shop raconte l'histoire de Thierry Guetta, un Français installé à Los Angeles, où il s'est pris de passion pour le monde du street art. Guetta filme ses amis graffeurs comme Shepard Fairey (célèbre pour l'affiche "Hope" avec Obama) et rêve de rencontrer le roi du graffiti et de la manipulation médiatique: Banksy. Celui-ci nous montre dans Exit through the gift shop (construit à partir des vidéos de Guetta) le poids du buzz : comment Guetta, inconnu total, devient grâce à la hype un artiste renommé de LA, Mr. Brainwash (le lavage de cerveau comme moyen de se faire connaître...). Un premier film réussi, au ton sarcastique, à l'image des précédentes oeuvres de Banksy, qui l’avaient amené de son Angleterre natale aux Etats Unis en passant par le mur de la Palestine.

Un jour, un lieu : les Arcades

  

Drôle d'endroit pour un festival. C’est un centre commercial comme tant d'autres, assez laid et peu convivial. Mais comme il se trouve sur la Potsdamer Platz, les festivaliers ne peuvent s’empêcher d’y passer régulièrement pendant la Berlinale. Sur 180 mètres de longueur et parmi 133 enseignes, on trouve tout : Supermarché, pharmacie, fringues, restos. Et c'est ici que le public achète ses places pour les séances (parfois là dès 6h du mat' pour cause d'affluence). Les fans trouvent leur bonheur au Berlinale Shop qui propose sacs, bonnets, ours en peluche et même bavoirs (7,90 euros)… 

18h30. Berlinale Palast. Greenberg, red carpet. 

 
Greta Gerwig et Noah Baumbach

21h30. Salle de cinéma Delphi. Embarquement. Comme le Taiwanais Hou Hsiao Hsien ou l'Autrichien Michael Haneke, la cinéaste Angela Schanelec, espoir de la "nouvelle vague allemande" aux côtés de Christoph Hochhaüsler ou Hans Christian Schmid, a tourné son dernier film (présenté au Forum) en France. Elle qui a déjà filmé Marseille a posé sa caméra dans l'aéroport d'Orly, lieu de transit et théâtre de plusieurs micro-intrigues. Si on ne voit pas trop où elle veut en venir, Shanelec parvient à créer un certain mystère à partir de conversations anodines. Et on est heureux de retrouver, au sein d'un beau casting français (Todeschini, Régnier) la trop rare Mireille Perrier, dont la voix rocailleuse est à elle seule une invitation au voyage.

22h30. Devant le Berlinale Palast. Incognito. Pour la première de son film, Banksy ne se montre pas, mais... on ouvre grand les yeux, car le directeur de la Berlinale Dieter Kosslick a annoncé que le facétieux Banksy foulerait bien le tapis rouge, incognito... Le mystère reste donc entier. Après Polanski, c'est décidément l'année des fantômes...

23h30. Dans le métro. Aki chez les chtis. Tiens, la France attire décidément toujours les réalisateurs étrangers : on lit dans le quotidien Screen que le Finlandais Aki Kaurismaki tournera au printemps son prochain long métrage au Havre !

JD & BF

La video du jour : l'un des grands événements de la 60e Berlinale, ce fut la projection, vendredi soir, Porte de Brandebourg, de la version restaurée de Metropolis de Fritz Lang. Voici une vidéo qui vous donnera un petit aperçu de l'atmosphère, juste avant le début du film...



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Berlin, jour 3 : les beaux gosses
11h. Berlinale Palast. Miam. Rencontre avec l’équipe du film d’ouverture Apart Together. L’actrice principale Lisa Lu (Le Dernier Empereur, Lust Caution), 82 ans, semble fatiguée : après notre interview, elle ferme les yeux et… s’endort ? Peu importe, elle fait une performance remarquable dans le film. Quant au réalisateur Wang Quan An, il est de bonne humeur, car de toute façon, il a "déjà gagné un ours d’or et n’en a plus besoin". On parle encore de nourriture, Quan An nous apprend qu’en Chine, il y a des « restaurants de divorce » où les gens peuvent fêter leur "liberté retrouvée" ! Après un moment de réflexion, il nous confie ce qu’il servirait à sa femme s’il voulait divorcer : un fruit qui sent mauvais, a très bon goût, et laisse un arrière-goût amer...

12h. Berlinale Palast. Gamins. La projection de presse de Shutter Island fait apparemment oublier aux journalistes les bonnes manières : ça pousse des coudes tout le monde veut avoir la meilleure place.

12h20. Hotel Adlon. On y va Franco, et fissa. Juste avant notre interview avec James Franco, l'attachée de presse nous annonce qu'on a seulement 4 mn. Est-ce bien raisonnable ? Frustrant en tout cas, le garçon a des choses à dire. Vous en connaissez beaucoup, des jeunes loups d'Hollywood fondus de poésie ? Bref on ne sait pas comment on s'est débrouillé, mais on a réussi à le faire "parler" (ok, c'est un bien grand mot) de Ginsberg, de la dimension poétique du cinéma, de peinture, de Spider-man, de la série Freaks and geeks... Ah, et juste avant l'interview, on a eu droit à un teasing de 5 secondes, puisqu'on l'a croisé aux toilettes. Youhou.

14h20. Devant la salle de conférence de presse pour Shutter island. Cohue. Cette fois, on a retenu la leçon est on s'y est pris à l'avance. Ecrasé par la foule de journalistes, on arrive finalement à entrer dans la salle, au prix de quelques coups sur la tête. En projection de presse, l'accueil a été mitigé, on a même entendu quelques sifflets;

14h40 Salle de conférence de presse. Fans. On se lance des fleurs : DiCaprio "croise les doigts" pour pouvoir retravailler avec son idole Scorsese. Celui-ci en rajoute : "on aime les mêmes desserts italiens". On remarque qu'ils ont aussi la même coupe de cheveux... Un intervenant espagnol, réalisateur de films d’horreur, propose un rôle à DiCaprio, harcelé par une journaliste locale qui veut l'entendre parler allemand, la langue de sa mère... Il s'en sortira avec un bon vieux "Ich bin ein Berliner". Scorsese explique en souriant qu'on lui avait proposé d'être en compétition, mais qu'il a refusé "De toute façon, je n'aurais pas gagné."



15h15. Devant le Berlinale Palast. Zen. La neige continue de tomber, ça n'empêche pas le Danois Tomas Vinterberg de répondre à une équipe de télé allemande, en arborant un large sourire. Nous, on a rendez-vous demain avec l'auteur de Festen, et normalement ce sera au chaud...

16h50. Dans le métro berlinois. A suivre... On feuillette la presse professionnelle qui s'accumule dans notre sac. Dans Screen, interview de Rebecca O'Brien, fidèle productrice de Ken Loach. Elle parle de son prochain film, sur l'Irak, Route Irish, tourné à Liverpool et en Jordanie... et financé par la France, comme Looking for Eric. "En Angleterre, il y a de moins en moins d'argent à se partager. Le gouvernement français a investi fortement dans son industrie cinématographique. Et pour une raison étrange et merveilleuse, les Français adorent Ken Loach !" On apprend aussi que Julie Delpy s'apprête à tourner 2 days in New york, suite de l'irrésistible 2 days in Paris. Sans Adam Goldberg, qui s'est fait larguer.

19h00. Sur le tapis rouge. No comment. Des photos suffisent, non ?


Ben Kingsley, Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio

  
Mark Ruffalo et Michelle Williams

19h15. Berlinale Palast. Enfermé dehors. L'histoire de Shutter island (présenté hors compétition) semble simple : un flic est envoyé sur une île où sont détenus des fous dangereux, pour enquêter sur la fuite d'une des pensionnaires. Mais l'affaire tourne au cauchemar. Cendres et sang, eau et flammes : les élements se déchaînent, le chaos est proche. A moins qu'il ne soit déjà trop tard ? Si on n'a pas lu le roman de Dennis Lehane, l'effet de surprise est total. Laissons les experts s'écharper sur le degré de scorsesitude ce nouvel opus et notons simplement qu'on avait pas été à ce point captivé pendant 2 heures de projection depuis des lustres. Au centre d'un casting impeccable (citons les formidables Mark Ruffalo et Patricia Clarkson), DiCaprio offre une prestation explosive, ou plutôt implosive. N'attendons pas qu'il reçoive un Oscar d'honneur dans 58 ans pour affirmer qu'il est l'un des tout meilleurs de sa génération.

Un jour, un lieu : Le Marché du film

  

Cinéma, art et industrie... Et c'est justement dans un édifice connu pour abriter des expositions, le Martin Gropius Bau (du nom de l'architecte qui le conçut en 1881), que se tient chaque année le Marché du film (EFM : European Film Market). A 3 mn à pied de la Potsdamer Platz (6 mn si on veut éviter de se casser la figure), acheteurs et vendeurs s'y retrouvent pour parler gros sous -et cette année, le moral semble bon. Simple visiteur, on prend connaissance de nouveaux projets, on découvre les premières photos de films attendus. Le stand de Memento dévoile un intrigant promo reel de L'Arbre, avec Charlotte Gainsbourg en mère protectrice et débordée d'une ribambelle d'enfants, dans une grande maison en Australie...  Et puis il y a toujours des curiosités, comme cet éditeur vidéo qui racole en proposant les premiers nanars de Zac Efron ou Robert Pattinson, raccord avec cette journee beaux gosses...

22h45. Berlinale Palast. Eprouvant. Thomas Vinterberg (Festen) ne nous déçoit pas. : Avec Submarino, il livre un drame prenant et choquant (ça ne nous surprend pas de lui). Le titre du film désigne une méthode de torture : mettre la tête d’un homme sous l’eau jusqu'à la limite de l'étouffement. C’est ainsi qu’on peut aussi décrire la vie des deux frères héros du film : une catastrophe suit l’autre, et ils se noient dans leurs problèmes. Demain on ne manquera pas d'interroger le réalisateur et un de ses acteurs à ce sujet.

 
Berlin, jour 2 : Polanski, Ginsberg, Metropolis, fantômes d'hier et d'aujourd'hui

8h30. Berlinale Palast. On the beat. Projeté en compétition, Howl est le premier film de fiction de Rob Epstein & Jeffrey Friedman, connus pour leurs docus sur la cause gay, de Times of Harvey Milk à Celulloid closet. Le thème est ici abordé à travers la figure d'Allen Ginsberg, poète-clé de la Beat génération, admirablement interprété par James Franco... qu'on avait laissé en amant fougueux de Harvey Milk-Sean Penn. Et justement, Gus Van Sant est ici coproducteur, tandis que la photo est signée Ed Lachman, chef-op de Soderbergh ou Todd Haynes. Difficile de faire plus arty. Surtout que les réalisateurs mêlent les registres : on voit le jeune Ginsberg déclamer ses poèmes (illustrés par des séquences animées), un Ginsberg mûr répondre à une interview, mais aussi des scènes du procès intenté à son éditeur pour obscénité... Résultat : un patchwork un chouïa trop respectueux, mais constamment instructif et inventif, et, finalement, émouvant.

10h. Cinéma Friedrichstadtpalast. Maestria. On a la chance d’assister à la répétition générale d’un des plus grands événements du festival : la projection de la version restaurée de Metropolis (qui aura lieu ce soir, on en reparlera...). La copie originale de 1927 avait disparu, mais des scènes perdues ont été retrouvées en 2008 à Buenos Aires. Le chef d’œuvre de Fritz Lang a donc été complété de 25 minutes. Accompagnée en direct par l’orchestre symphonique de Berlin (cf photo ci-dessous), cette nouvelle version approfondit les relations entre les personnages. Malgré les striures sur les scènes ajoutées, cette version restaurée est une vraie merveille et ses effets spéciaux toujours aussi spectaculaires. On mesure son influence sur des films de SF plus récents comme Matrix ou Blade Runner

13h40. Devant la salle de conférence presse. Vlan ! La porte de la salle se ferme juste devant notre nez - c'est complet ! La dernière fois que ça nous était arrivé, c'était pour Madonna. Du coup, on suit la conf de The Ghost writer (le film de Polanski avec Ewan McGregor et Pierce Brosnan) sur un écran à l'extérieur. Pour empêcher des questions désagréables, l’équipe du film exclut dès le début la moindre déclaration sur la situation actuelle de Polanski. Les acteurs parlent de lui au passé et avec une affection généralement réservée aux défunts : "Il a eu une vie intense et je suis très fier d’avoir travaillé avec lui" (Brosnan), "Je ne m'étais jamais remis en question à ce point avec un réalisateur" (McGregor).

Un jour, un lieu : Le Berlinale Palast

  
On commence notre nouvelle rubrique avec un lieu qui est au coeur de la Berlinale. Depuis 2000, ce Theatre de 1800 places situé de la Potsdamer Platz se transforme en février en Palais du Festival. Le soir, on peut y croiser (si on s'y prend tôt) les stars qui défilent sur le tapis rouge avant d'assister à une projection officielle. Le reste du temps (c'est moins glamour), les journalistes vont au sous-sol y retirer des dossiers de presse et faire des interviews. C'est la que tout commence... et que tout finit, car c'est à l'intérieur du Berlinale Palast qu'est révélé le palmarès.

17h50. Salle de presse. Solidarité. Berlin ne faillit pas à sa réputation de Festival engagé. On apprend que le directeur Dieter Kosslick demande aux spectateurs de soutenir la population haitienne en faisant des dons à l'Unicef. L'artiste Christina Kim, qui a conçu une installation pour la Berlinale, va créer des objets recyclés à partir du matériel de la Berlinale, qui seront vendus au profit de l'Unicef. La vente se tiendra lors de la projection de Moloch tropical de Raoul Peck, ancien ministre de la culture de Haiti.

18h30. Hotel Hyatt. Chrono. On fixe une interview demain autour de Howl. Ce sera court, c'est la loi des festivals. Rendez-vous avec James Franco à 12h28 et pendant 7 mn ! Même durée pour les 2 réalisateurs. Soit 3mn30 pour chacun en moyenne. S'agit pas de bafouiller en posant mes questions.

Ewan McGregor et Roman Polanski. Pathé Distribution

19h15. Berlinale Palast. Ghost director. On a beau avoir sur le tapis rouge un Obi-Wan Kenobi et un James Bond, la star du soir, une fois n'est pas coutume, c'est le réalisateur... Et, une fois n'est pas coutume (bis), il n'est pas là. Il y a au moins une bonne raison de parler du cinéaste : The Ghost writer est une réussite. L'heure est à la surenchère d'effets spéciaux ou au détournement roublard des codes ? Polanski opte pour un thriller politique à l'ancienne, efficace, avec juste une pointe d'ironie. Cette enquête à tiroirs sur le passé trouble d'un homme politique se regarde avec plaisir, peu importe si on n'est pas sûr de s'en souvenir à la fin du festival. Et dans un contexte aussi délicat que "l'affaire Polanski", certaines répliques font sourire, comme lorsque le vieux briscard Tom Wilkinson, tranchant, répond au sage Ewan McGregor, à propos des excès de 68 : "Que voulez-vous, nos enfants sont plus puritains que nous..." 

19h50. Devant la Porte de Brandebourg. Rideau ! Dans le vent glacial, nous sommes peu nombreux à attendre l’ouverture du rideau gigantesque conçu par Christina Kim. Pour cette installation nommée « Vorhang auf – The Curtain », elle a recyclé des affiches de ces dernières 60 années de la Berlinale, des DVD et d’autres objets de cinéma.

20h10 Devant la Porte de Brandebourg. Vaillants. Le « rideau de cinéma » de 300 mètres cube s’ouvre lentement et on lit l’annonce de l’événement de ce soir : la projection de Metropolis. Avant le film, défilent des extraits d'archives de la Berlinale et des "Happy birthday" souhaités par des stars comme Tilda Swinton. Selon cetaines estimations, 2000 personnes seraient déjà présentes... Bravo aux courageux qui vont rester encore pendant 2 heures et demie debout dans le froid !.

Julien Dokhan et Barbara Fuchs

La vidéo du jour. On vous a beaucoup parlé de The Ghost writer aujourd'hui... voici donc une interview des deux stars du films, Ewan McGregor et Pierce Brosnan (propos recueillis par Clément Cuyer)

 
Berlin, jour 1 : ours polaire et singe quadragénaire
9h30. Salle de petit-déjeuner à l’hôtel. Ca casse... On feuillette la presse allemande, la Berlinale fait la une partout. Oui mais... Le quotidien Der Tagesspiegel titre avec sévérité : "Masse oder Klasse" ("de la masse ou de la classe"), et résume : l'offre de la Berlinale, qui a 60 ans cette année, ne cesse de grossir (environ 400 films cette année), mais la qualité baisse, surtout en compétition (les grands auteurs préfèrent attendre Cannes). Et de regretter l'époque d'A bout de souffle ou de La Notte, révélés ici...

11h30. Les rues de Berlin. Gaffe ! La préoccupation du moment, ce n'est pas la chute du Festival, mais plutôt la chute des festivaliers... Les plaques de verglas (20 cm d'épaisseur dans certains quartiers de la ville) sont de vrais obstacles pour le journaliste qui court d'une salle de projo à l'autre. Du coup, les organisateurs ont engagé des équipes privées pour nettoyer la neige et la glace sur la Potsdamer Platz. Il parait que Berlin connaît son hiver le plus froid depuis 23 ans !


12h00. Hôtel Hyatt. Willkommen ! Retrait de notre accréd' sans accroc. L'organisation est ici toujours impeccable. On retrouve des visages familiers, des employés souriants et serviables. Petite nouveauté : pas de casiers pour les journalistes, tout nous est distribué à la main. Un peu de chaleur (humaine), ça ne se refuse pas.

14h30. Salle de cinéma CineMaxx 5. "Nénette" est bonnard. A chaque festival son bestiaire. On sait que Cannes est canin : depuis peu, un jury remet la Palme dog au meilleur film à chien. A Berlin on préfère des bêtes plus massives : le président du jury Werner Herzog s'intéresse aux ours (cf Grizzly man) et en attendant Mammuth, on découvre dans la section Forum Nénette, le nouveau docu de Nicolas Philibert (Etre et avoir), consacré à une femelle orang-outan quadragénaire de la ménagerie du Jardin des plantes. Pendant 70 mn, on ne voit qu'elle. Et on entend parler un tas de gens : les enfants qui rient, les parents qui s'interrogent, les scientifiques qui expliquent, le personnel du Jardin des plantes qui témoigne, etc. Ce qui est beau, c'est que malgré tous ces discours, le mystère Nénette reste entier, la fascination intacte. Et elle, à quoi pense-t-elle quand elle nous regarde ? (sortie en France le 31 mars)

Les Films du Losange

18h30. Devant le Berlinale Palast. Glaglamour. Après avoir croisé Tilda Swinton, Présidente du jury l'an dernier, à l’hôtel Hyatt (centre de presse et refuge pour les stars...), on rejoint la petite foule massée devant le Berlinale Palast. Malgré la tempête de neige et les -6°, on aperçoit des ladies en robe du soir. Et ils sont là aussi, les fans qui cherchent désespérément des billets d’entrée, et ceux qui scrutent les invités sur le tapis rouge. Pour être honnête, en dehors de Werner Herzog et son jury ou de l'inévitable Wim Wenders, on ne reconnait pas grand-monde...

19h30. Berlinale Palast. Film d'ouverture ! Ours d’or en 2007 pour Le Mariage de Tuya, le Chinois Wang Quan’an ouvre cette 60ème édition avec Apart Together. Un film d'ouverture sans star, certes, mais un joli symbole : ce film plein de charme conte les retrouvailles d'un couple séparé pendant 50 ans. Etre à la fois « ensemble » et « séparés », voilà qui rappelle les débuts du Festival, à l'époque de la Guerre Froide. Aux journalistes qui s'interrogeaient sur l'importance des scènes de repas dans le cinéma asiatique (et dans son film), Quan'an expliquait tout à l'heure en conférence de presse : « Dans notre culture, les changements de la vie s’expriment souvent à travers la nourriture ». En compétition, Apart together sera-t-il du goût du jury ?


21h30. Chambre d'hôtel. Patience... Déjà de retour à l'hôtel pour finir d'écrire ce premier post. Eh oui, pratiquement aucune projection en cette journée d'ouverture. C'est demain que le Festival devrait entrer dans son rythme de croisière. Dès 8h30, on a rendez-vous avec l'un des films les plus attendus de la compétition, Howl avec James Franco dans la peau d'Allen Ginsberg.

La vidéo du jour... Werner Herzog et son jury ont répondu ce midi aux questions de la presse internationale avant de se murer dans le silence jusqu'au jour du Palmarès... Mais rien que pour AlloCiné, le réalisateur de Aguirre et Bad lieutenant a bien voulu évoquer son premier souvenir de la Berlinale et nous dire quel était son état d'esprit quelques jours avant le coup d'envoi du 60e festival (remerciements à Edouard Brane qui a recueilli ces propos)

Julien Dokhan & Barbara Fuchs



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Au menu de la 60e Berlinale...

                                                              

L'année dernière, la capitale allemande fêtait les 20 ans de la chute du Mur. C'est un autre genre d'anniversaire qui sera célébré du 11 au 21 février : les 60 ans de la Berlinale. Le festival allemand (souvent considéré comme le troisième grand rendez-vous cinéphile après Cannes et Venise) connaîtra au moins deux temps forts artistico-médiatiques : les projections de Shutter Island de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio (hors compétition) et The Ghost Writer de Polanski avec Pierce Brosnan et Ewan McGregor.

Made in USA : Stars et auteurs indé 

Toujours côté anglo-saxon, on guettera Greenberg de Noah Baumbach (l'auteur de l'attachant Les Berkman se séparent) avec un Ben Stiller étonnant selon les premières rumeurs, Howl, une évocation du poète beat Allen Ginsberg par les réalisateurs du documentaire The Times of Harvey Milk, avec James Franco (qui présentera ausi à la Berlinale un court métrage qu'il a réalisé), The Killer Inside Me, le nouvel opus du prolifique Michael Winterbottom, avec Casey Affleck et Jessica Alba, un film qui a créé la polémique au dernier Festival de Sundance, The Kids Are AlRight de Lisa Cholodenko (dont on n'a plus vraiment eu de nouvelles en France depuis l'excellent High Art) avec une jolie distribution (Julianne Moore, Mark Ruffalo). Ce film sera présenté hors compétition, tout comme Please Give et son trio d'actrices (Catherine Keener, Amanda Peet, Rebecca Hall).

Un poids lourd français : Mammouth

En dehors de l'anglophone The Ghost writer de Polanski, un seul film français a eu les faveurs des sélectionneurs, mais on peut saluer une certaine audace, puisqu'il s'agit de Mammuth ou la rencontre très alléchante du tandem Kervern-Benoît Delépine avec le couple Gérard Depardieu-Isabelle Adjani... arbitrée par la grande Yolande Moreau. Leur style percutant ne devrait pas être pour déplaire au président du jury Werner Herzog... Signalons encore les nouveaux longs métrages du Danois Thomas - Festen- Vinterberg, de l'Iranien Jafar Panahi, de l'Allemand Oskar Roehler ou du Chinois Zhang Yimou. C'est d'ailleurs d'Asie que nous viennent les films d'ouverture et de clôture : Tuan Yuan de Wang Quan'an (Ours d'or 2007 avec Le Mariage de Tuya et Otouto de Yoji Yamada.

60 ans, ça se fête ! 

Une programmation spéciale permettra de voir ou revoir des films qui ont marqué l'Histoire du Festival, et des hommages seront rendus, en leur présence, à de grandes figures du 7e art telle que Jeanne Moreau, Stephen Frears, Jerzy Skolimowski ou Bruno Ganz. Signalons aussi parmi les événements attendus cette année une version restaurée du chef d'oeuvre de Fritz Lang Metropolis, incluant 25 minutes de pellicule retrouvées en 2008...

Julien Dokhan

 
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